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14.02.2011

Les charlatans de la santé

 

«Ils ont tué ma mère»

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La nouvelle médecine germanique, une pseudo "médecine qui tue". Interview de Nathalie de Reuck, une journaliste qui a perdu sa maman à cause d’un cancer du sein non soigné. Elle raconte son histoire. (Paru dans le Télépro, janvier 2011).

Votre maman, Jacqueline Starck, est partie dans des circonstances effroyables…

 Ma mère est effectivement décédée d’un cancer du sein en 2007. Ce n’est certes pas la seule dans le cas, mais des «thérapeutes» alternatifs l’avaient convaincue de ne pas se soigner. Elle a juste appliqué du citron et de l’oignon sur la tumeur devenue une plaie à vif de deux centimètres. Son bras gauche était gonflé. Elle avait des ganglions dans le cou… Elle a souffert. Elle est décédée à 60 ans. 

Comment est-il possible de suivre les conseils de charlatans ?

Ce n’est pas si simple. Les gens qui la conseillaient ne se présentaient évidemment pas comme des charlatans. En réalité, tout est parti d’un ostéopathe bruxellois radicalement opposé à la médecine traditionnelle. Cet homme était un ami de la famille depuis une dizaine d’années. La petite boule au sein ? Il lui a d’emblée expliqué qu’il s’agissait probablement de la manifestation d’un conflit avec une autre personne. Le corps réagirait ainsi. Il a ensuite affirmé que ce n’était pas grave, que nous faisions tous de petits cancers plusieurs fois par an. Il a estimé que toutes les manifestations physiques (même la douleur) sont considérées comme positives, car on met le doigt sur le problème. Ma maman a ensuite été mise en contact avec d’autres thérapeutes du même tonneau qui ont abondé dans le même sens. Elle a été complètement manipulée au point de ne pas se soigner durant un an et demi. Le nom de nouvelle médecine germanique n’a jamais été prononcé.

La nouvelle médecine germanique ?

C’est une doctrine créée par Ryke Geerd Hamer, un ex-médecin allemand qui s’est réfugié en Norvège. A l’entendre, le sida, le cancer ou même le rhume, ça n’existe pas. Il affirme qu’il y a un conflit à l’origine du mal et que, si on  arrive à résoudre ce conflit, la maladie disparaît. On parle aussi de Biologie totale. Des thérapeutes autoproclamés et même une poignée d’infirmiers et des médecins diffusent cette théorie. Il s’agit de personnes déçues par les limites de la médecine traditionnelle, car elle n’a pas réponse à tout. Il est aussi question d’un jeu de pouvoir sur des êtres humains : certains préfèrent se muer en gourou plutôt qu’un bon docteur.

Ces gourous ont tué votre mère…

Oui, c’est d’ailleurs le titre de mon livre («On a tué ma mère», éditions Buchet-Chastel).

Tout a commencé avec une petite boule au sein, vraiment minuscule. On ne la sentait que lorsqu’on palpait le sein. Ma mère aurait dû se diriger vers la médecine traditionnelle, mais l’ostéopathe bruxellois lui a conseillé de ne faire ni de la chimio ni de passer des radios. La médecine traditionnelle sans doute pu la sauver. Ce type de cancer hormonal est guérissable s’il est pris à temps.

Votre maman était-elle naïve ?

Pas du tout ! Ma maman était ouverte vers l’extérieur, assez en éveil. Elle possédait cette curiosité et un bagage intellectuel qui la poussaient à s’interroger et à aller plus loin. Les personnes qui tombent dans ce genre de dérive sectaire ne sont pas particulièrement naïves. Au contraire. Mais elles ont déjà été en contact avec d’autres méthodes alternatives pour soigner de petits soucis de santé ou des problèmes de déprime. C’est pourquoi elles peuvent tomber facilement sous la coupe de mauvais thérapeutes. Il faut aussi que ces victimes possèdent assez d’argent pour payer les charlatans. Ma mère a en outre dépensé un minimum 10.000 euros pour ces consultions bidons. Les contacts, à la fin, se réalisaient par téléphone. Il y en avait jusqu’à une quinzaine par jour, dont de nombreux étaient rémunérés. 

Comment cela s’est-il terminé ?

Ses thérapeutes l’ont abandonnée quelques semaines avant qu’elle ne décède, affirmant qu’elle «voulait» être malade. C’était tout le contraire. Elle avait d’ailleurs écrit dans son agenda : «Lors de la troisième consultation chez le docteur N. (un des charlatans), il m’a demandé si je voulais réellement guérir et si j’avais de la volonté. J’ai répondu par l’affirmative aux deux questions. Il m’a alors dit que je devais stopper mes médicaments en ajoutant que ce serait pénible. J’ai refait, après tant d’erreurs, confiance à un médecin. Je voulais tellement guérir.» Au final, lâchée par ses gourous, elle a alors enfin accepté de se rendre dans un hôpital. Mais il était bien trop tard. Elle a alors appris, à son plus grand étonnement, qu’elle souffrait d’un cancer. Elle a compris sur le tard la supercherie. Elle m’a demandé de l’aider à faire éclater la vérité pour empêcher que cela se reproduise. Il est toujours délicat d’avancer des preuves dans ce genre d’affaires. Heureusement, elle avait pris des notes et enregistré les conversations. 

Le procès Louis Vliegen

En Belgique, le titre de psychothérapeute n’est pas protégé. Louis Vliegen, assistant social de formation, s’est donc attribué la qualité ronflante de «psychothérapeute en gestalt avec décodage psycho-biologique». Un procès concernant cet homme est en cours à Liège. Les faits reprochés ? Exercice illégal de l’art de guérir, coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner et escroquerie. Louis Vliegen donne toujours des conférences en s’inspirant des «travaux» décriés de Claude Sabbah, le chef de file de la mouvance sectaire «biologie totale des êtres vivants». La Justice reproche à Louis Vliegen, 55 ans, d’avoir incité des patients à arrêter leur traitement. A la poubelle donc les médicaments et autres radiothérapies ! Une dame souffrant d’un cancer en serait morte et la famille a déposé plainte. Louis Vliegen nie les faits qui lui sont reprochés. La vérité judiciaire éclatera bientôt.

 

Morte à 12 ans

Des mises en garde contre la nouvelle médecine germanique et la biologie totale commencent à fleurir. Le blog «seulomonde.canalblog.com» est un des plus complets en matière d’information sur ces dérives. On y apprend notamment que Susanne, 12 ans, est une des plus jeunes victimes de la nouvelle médecine germanique. Les parents de Susanne ont suivi les conseils du «bon» docteur Hamer. Ils ont abandonné les traitements alors que l’enfant avait 70% de chance de guérir : «Aucune thérapie n’avait été poursuivie», peut-on y lire. Les parents ont volontairement soustrait la petite aux traitements de l’hôpital. Résultat ? «La tumeur avait de nouveau grossi et s’était aussi propagée à d’autres organes, si bien que la situation avait empiré.» La pauvre enfant est décédée.

Hamer est toujours influent depuis la Norvège. Il y aurait 100.000 adeptes de ses théories abracadabrantesques, rien qu’en Allemagne.

 

02.07.2010

Vigneron flémallois

Jean-Luc Franck est le vigneron du Haut-Rognac à Flémalle. Il produit du vin rouge et blanc sur des terres qui connaissent la culture de la vigne depuis des siècles. La région expérimente le renouveau viticole. Plongée dans le passé et le présent de la vigne en pays de Flémalle.

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Jadis, toute la rive gauche de la Meuse était recouverte de vignes. Plusieurs rues de Flémalle portent encore le nom de cette époque pas si révolue que ça. A la fin du 17e siècle, des religieux de l'ordre de Cîteaux ont fondé à Seraing l'abbaye du Val Saint-Lambert. Jusqu'à leur expulsion au moment de la Révolution française, ces moines ont produit du vin destiné à la liturgie. La production était importante. Sur les coteaux de la vallée de la Meuse, elle remonte au 6e siècle, au moins. Il est vrai que cette culture a périclité au 19e avec les importations de vin de France. Mais la passion du raisin a repris le dessus. Planter sa vigne et produire du vin, voilà un phénomène qui prend de l'ampleur dans nos régions.

Jean-Luc Franck en témoigne, ce Flémallois est vigneron à ses heures perdues. Il travaille un ancien vignoble de 30 ans à Flémalle-Grande. L'étiquette de son vin porte d'ailleurs le nom de Haut-Rognac. Il a itou replanté 1.200 pieds sur les Awirs. Il produit du vin blanc et du vin rouge. Deux cépages ont surtout été plantés : du pinot gris et du chardonnay. Ils sont adaptés à notre climat.

"C'est une passion qui prend du temps. Tous mes loisirs y passent, mais cela me procure du plaisir et bien des relations humaines chaleureuses", explique Jean-Luc Franck. Le vigneron est, à ce sujet, membre de la confrérie des Cuveliers de Cîteaux et Serranius qui défend les vins de chez nous.

Mais le terroir wallon est-il favorable à une production qu'on associe plus volontairement à la Bourgogne ou à la Gironde ? Notre climat n'est finalement pas très différent de celui de l'Alsace réputée pour ses vins blancs. Et avec le réchauffement climatique (bien que cette année soit particulièrement froide), la météo est plus propice à la culture de la vigne. Dans les régions de tradition viticole, en un siècle, deux semaines ont été gagnées sur la cueillette du raisin. La vigne revient donc en force dans des pays d'où elle avait quasiment disparu comme la Belgique.

"Nous produisons environ 1.000 bouteilles par an", raconte M. Franck. "Le vin est essentiellement distribué auprès des amis. Il faut aussi remercier l'Office du tourisme de Flémalle qui fait la promotion des produits locaux. Nathalie et Simon de l'Office ont une démarche très dynamique."

Jean-Luc Franck a demandé une appellation de qualité AOC "Côtes de Sambre et Meuse" pour deux cépages.

 

05.06.2010

Des permis pour polluer

Étonnant, le Luxembourg émet le plus de CO2 par habitant. Paru en novembre 2009, Télépro.


Kyoto

Une image de Kyoto

Avec ses airs de petite Suisse, le Grand-duché de Luxembourg remporte la palme du pays le plus… énergivore d’Europe ! C’est le constat que tire «Avenue de l’Europe» sur France 3, ce samedi à 18.35. Le reportage s’inscrit dans l’actualité des changements climatiques. La conférence de Copenhague, organisée sous l’égide de l’ONU, se tient du 7 au 18 décembre prochain.

Les statistiques européennes ont dressé, en 2006, le hit-parade des pays qui polluent le plus en rapport à leur population. Le Luxembourg arrive largement en tête avec 25,6 tonnes d’émissions en CO2 par habitant. Il est suivi de très loin par la Finlande (12,9), puis l’Estonie (11,9) et la Belgique (11,3). L’Allemagne produit 10,7 tonnes d’émissions en CO2 par habitant, La France seulement 6,4. Des pays comme la Roumanie (5,1) et la Lettonie (3,6) ferment la marche.

Cela veut-il dire que les Luxembourgeois sont de gros pollueurs et que les Français sont des modèles en matière d’écologie ? Ce n’est pas si simple… Le CO2 émis par les carburants est comptabilisé là où il est vendu. De nombreux Belges et Français font le plein au Luxembourg où les taxes sur les carburants sont moindres. Cela augmente fortement le ratio luxembourgeois. On y vend aussi plus d’alcool qu’ailleurs pour les mêmes raisons fiscales. Nos voisins grand-ducaux ne sont pas des ivrognes pour la cause.

Et puis le Luxembourg, avec ses 493.500 habitants, compte une industrie sidérurgique. Elle est fortement énergivore, c’est-à-dire qu’elle utilise beaucoup d’énergie. Mais attention, tout dépend de l’origine de l’énergie. La France, autre exemple, fait partie des pays les mieux classés en matière de rejets de CO2. Car l’Hexagone, nation bien plus vaste et plus peuplée, produit surtout son électricité grâce à de l’énergie nucléaire. Les centrales atomiques rejettent très peu de dioxyde de carbone, un des gaz responsables de l’effet de serre. La gestion des déchets nucléaires est par contre une autre problématique.

Tous ces classements et réflexions sont surtout alimentés depuis le protocole de Kyoto en 1998. Il n’a jamais ainsi été autant question d’empreinte écologique et d’économie de tonnes de CO2. Et pour point de comparaison, 410 litres d’essence c’est aussi 1.000 kg de CO2. Une tonne de ce gaz remplit un volume d’environ 535 m³ à température ambiante au niveau de la mer.    

Kyoto a surtout incité les nations industrialisées à mettre sur pied des permis de… polluer ! Les entreprises (aciéries, cimenteries et usines d’électricité en tête) ont reçu un quota pour émettre du CO2 dans l’atmosphère. Si elles le dépassent, elles doivent acheter des permis de polluer, notamment aux firmes plus vertueuses en la matière. Il s’est ainsi créé une bourse de la tonne de carbone qui se négocie pour le moment à environ 14 euros. L’objectif d’une telle bourse est d’inciter les industriels à réduire leurs rejets selon le principe du  pollueur-payeur.

La bourse au CO2 se fait également au niveau des États et pose des questions d’éthique. Car les pays les plus riches peuvent acheter des droits de polluer. Des exemples ? Le Japon a acquis des droits d’émissions polluantes dévolus à la Hongrie. La Région wallonne, compétente pour cause de régionalisation, a déjà fait l’acquisition d’un droit de polluer au Sénégal.

Ces droits sont fortement liés à la conjoncture économique. Si la Wallonie s’est engagée à réduire de 7,5% de ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2012, rien que la mise sous cocon du haut-fourneau 6 ArcelorMittal de Seraing et le ralentissement économique lui permettront d’y arriver. Sans beaucoup d’autres efforts. Quant aux États-Unis, premier pollueur mondial, il risque bien d’être dépassé par la Chine, le nouveau riche. Cette nation s’industrialise à la vitesse du dragon, tout comme l’Inde et le Brésil.

25.05.2010

Routes wallonnes

Éteins la lumière !

routes

Les autoroutes wallonnes ne sont plus illuminées entre minuit et demi et 5h30 du matin. Le ministre Lutgen a commandé une étude et espère aussi appliquer cette mesure sur les voiries régionales. Il s’agit généralement de routes nationales. L’idée est de couper l’éclairage jusqu’aux petites heures pour économiser un million d’euros par an. L’éclairage nocturne ronge une bonne partie du budget d’entretien. Mais cette mesure ne va-t-elle pas nuire pas à la sécurité ? «Non, car les automobilistes ont tendance à rouler moins vite lorsque les routes sont moins éclairées. Ce qui réduit les risques d’accident», précise Benoît Godart, porte-parole Institut Belge pour la Sécurité routière. L’entièreté du réseau ne sera pas plongée dans le noir. Des endroits potentiellement dangereux comme les carrefours et les traversées d’agglomération garderont leurs lumières. La Région, pour le reste, devra sans doute investir dans un marquage routier nettement plus réfléchissant, à l’instar de ce qui se fait en France. 

03.05.2010

Boncelles

Le fort de Boncelles

Les rues du Commandant Charlier, du Tige Blanc et du Voisinage de la Tour forment un cœur vu du haut. Si le quartier est devenu un beau lieu résidentiel, ce cœur renferme les vestiges du Fort de Boncelles où sont morts des héros, dont le Commandant Charlier. Ses paroles étaient : "Me rendre ? Jamais !"

Comité fort de Boncelles

La tour d'air du Fort de Boncelles s'observe de loin. Vestige des guerres mondiales, elle est criblée d'impacts. Elle laisse entrevoir son dense maillage d'acier. Lors de journées du patrimoine, M. Alexandroff (asbl La Tour d'Air) a présenté ce lieu au public. "Il s'agit d'un grand fort armé de deux canons jumelés de 150 mm sous coupole, de quatre canons de 120 mm répartis dans 2 coupoles et enfin de deux coupoles armées chacune d'un obusier de 210 mm. Quatre tourelles à éclipse protégeaient des pièces à tir rapide...  Le sous-sol de Boncelles étant fortement aquifère, il n'a pas été possible de creuser le réseau inférieur. Seule exception, la galerie d'air profonde. La tour d'air se trouve au milieu des champs. Elle captait l'air frais."

Après de longues années d'abandon, le fort fut vendu en 1984 par l'armée à un promoteur qui y construisit un lotissement et entreprit de combler les fossés. Actuellement, projet de création d'un musée historique dont le but sera de sauver les derniers vestiges militaires situés sur la Commune de Seraing et liés à l'ancien Fort de Boncelles et de créer des espaces d'expressions.

Sous la houlette de Sergeï Alexandroff, l'asbl "La Tour d'air" érige un centre touristique sur le site du fort de Boncelles. Une partie des travaux a déjà été réalisée (voir l'arrière-plan de la photo).

"La Tour d'air" a été constituée en 2001. Elle a pour but la création d'un centre d'interprétation touristique sur le fort Boncelles. Si les travaux ont pris du retard à cause d'un problème d'architecte, un nouveau permis d'urbanisme octroyé accélère le mouvement. Dans quelques mois, le projet sera sans doute bouclé.

"Nous souhaitons proposer un parcours didactique dans le périmètre du futur centre touristique", détaille Sergeï Alexandroff. "Plusieurs objets seront mis en valeur dont d'anciens canons de type 88 ayant participé à la bataille des forts de Liège en mai 1940." Il y aura diverses bombes neutralisées, la mise en valeur d'un puits d'aération construit par l'armée allemande en 1915, des monolithes de béton marqués par des explosions, des indications sur les batailles de 1914 et 1940, etc."

Des canons du Mur de l'Atlantique

Des canons du Mur de l'Atlantique sont à Boncelles. Ils seront montrés sur le site du futur musée historique du fort de Boncelles entrepris par Sergeï Alexandroff, cheville ouvrière de l'asbl La Tour d'Air. Après 1945, ils ont été acquis par l'armée espagnole avant d'être racheté par l'asbl.

Autre élément insolite, il existe à Etterbeek (Bruxelles), une rue du Fort de Boncelles. Une manière de rendre hommage à la résistance historique, dont celle du Commandant Chalier (mort en ‘40 lors de la prise du fort par les Allemands) et de ses hommes. 

12.04.2010

Pollution air bureau

Faut-il s'inquiéter de la qualité de l’air dans nos bureaux comme on s’en inquiète désormais dans les habitations privées ou dans les écoles ? La réponse est oui. Le bureau n’échappe pas aux pollutions intérieures, aux concentrations de gaz irritant, aux champignons…

bureau

Les employés d’un bureau peuvent souffrir de maux de tête et de nausées à cause de leur environnement de travail. Ces désagréments sont causés, en tout ou en partie, par des contaminants de l’air intérieur. Il s’agit souvent d’un manque de ventilation des bâtiments. Ces derniers sont de plus en plus hermétiques pour cause de chasse au gaspillage énergétique.

Syndrome malsain

Il est question de "sick building syndrome", de syndrome des bâtiments malsains. Plusieurs employés deviennent par exemple sujets à des vertiges, à des réactions allergiques. Ils toussent. Ils sont particulièrement fatigués. La présence de micro-organismes, de champignons et de moisissures dans les locaux entraîne ces conséquences. Ils se développent spécifiquement dans les endroits clos et lorsque la température est supérieure à 22°C. Ce cocktail est d’autant plus pervers qu’il s’alimente des poussières du papier et des vapeurs des produits de nettoyage. Les composés organiques volatils (COV), soit les solvants volatils des feutres, les émanations des cartouches des photocopieuses et des imprimantes, sont d’autres ennemis des voies respiratoires. Il n’ya a pas 36 solutions pour éviter ces troubles. Ouvrir une fenêtre, aérer naturellement si cela est possible, même en hiver, voilà finalement le comportement le plus sain à adopter. Et dans les lieux clos, l’installation d’un système d’aération performant s’impose. L’emploi de produits d’entretien et de consommables plus naturels peut, pour le reste, aider à combattre le problème.

Le cas formaldéhyde

D’autres éléments nocifs sont généralement bien plus actifs dans les bureaux que dans les habitations privées. C’est le cas du formaldéhyde. Ce gaz incolore et irritant (HCHO), employé en solution comme désinfectant (formol), est présent dans bon nombre de panneaux agglomérés, notamment à cause des colles. Ces panneaux sont à la base de très nombreux meubles de bureau. Le formaldéhyde se retrouve aussi dans le papier blanchi et des cartons, dans des tissus spéciaux d’aménagement, dans des peintures, dans des moquettes, etc.

Ce formaldéhyde s’échappe petit à petit du mobilier de bureau. Son odeur peut être irritante, particulièrement lorsque le mobilier est neuf. Ces panneaux de type MDF contiennent 10mg de formaldéhyde pour 100g de bois aggloméré. Un meuble en cette matière peut diffuser du formaldéhyde durant près de 15 ans, mais c’est surtout les premières semaines qu’il s’en exhale le plus.

Quels sont les risques pour la santé ?

Il s’agit de symptômes respiratoires accrus et d’allergies, singulièrement chez les personnes déjà sensibles comme les asthmatiques. Il peut apparaître des sensations de picotements, après plusieurs heures dans un environnement contaminé, au niveau des yeux, de la gorge et du nez. Et si le formaldéhyde est cancérogène, pas de panique, il l’était surtout dans des milieux industriels, comme jadis dans les usines de panneaux agglomérés.

Comment réagir ?

Il faut varier les matériaux. Certains fabricants de meubles utilisent uniquement des panneaux très pauvres en formaldéhyde (classe E1).

L’aération est tout aussi primordiale que dans les autres cas de pollutions intérieures. La concentration dans l’air en formaldéhyde augmente avec le manque d’aération. La NASA, qui a mené des études sur les pollutions intérieures, estime que de plantes comme le ficus et le palmier nain éliminent une partie des gaz nocifs. Paru en nov. 2009 dans Union & Actions

30.03.2010

Famines

La planète a faim, à qui la faute ?

CReAl

Le prix du riz a augmenté de 75% sur les marchés mondiaux depuis le début de l’année. Celui du blé a flambé de 120% en 2007. Les plus pauvres n’arrivent plus à se nourrir. Analyse d’une catastrophe. (Ecrit en juin 2008 pour le Télépro).

La FAO, l’Organisation de l’Onu pour l’alimentation et l’agriculture est inquiète. Elle l’a rappelé lors du dernier sommet de Rome, début juin. La planète vit une crise alimentaire qui met en danger 100 millions de personnes en plus des 854 millions souffrant déjà de malnutrition dans le monde. Des émeutes de la faim ont secoué plusieurs pays en développement où chaque augmentation des denrées est un nouveau drame. Là, dans les régions les plus déshéritées, de 70 à 90% du revenu familial est consacré à la seule nourriture. À titre de comparaison, les dépenses en aliments atteignent seulement 15% en Belgique où la question du pouvoir d’achat est au cœur de l’actualité. Ces dernières années avaient pourtant été marquées par des problèmes d’excédents alimentaires et de dégringolades des prix des céréales sur les marchés internationaux. Mais voilà que le phénomène s’est en partie inversé. Et c’est toute la sécurité alimentaire de la planète qui est désormais menacée. Comment en est-on arrivé là ? Nous avons demandé des réponses à Arnaud Zacharie, spécialiste du sujet, secrétaire général du CNCD - 11.11.11 (coopération au développement).

Les mauvaises récoltes expliquent-elles la crise ?

Pas entièrement. Le marché des céréales s’est totalement mondialisé. Les récoltes médiocres en Ukraine et en Australie, ainsi qu’une demande de plus en plus forte, ont eu des conséquences. Mais les racines du problème sont plus profondes. Elles remontent à plus de 25 ans. De nombreux pays pauvres n’ont plus investi dans les cultures vivrières. Car ils ont été alimentés en produits agricoles à bas prix en provenance des États-Unis, d’Europe, de certaines contrées asiatiques comme la Thaïlande... Ces denrées d’importation étaient moins onéreuses que celles produites par les paysans du cru.

Cette concurrence a tué à petit feu les agricultures locales…

Les excédents agricoles de nos pays ont disloqué le marché. Prenons l’exemple du poulet : les industriels en retirent le blanc qui est prisé chez et envoient le reste, la carcasse, à un prix cassé en Afrique. Le producteur régional de poulets est ainsi plus cher. Les exploitants ne savent plus gagner leur vie en cultivant la terre ou en faisant de l’élevage. Cela provoque un immense exode rural et, inévitablement, une baisse de la production des matières premières alimentaires. L’Afrique a connu et connaît encore une importante urbanisation. Les anciens campagnards fuient dans les bidonvilles de villes qui se muent en mégalopoles. Ce n’est pas un hasard si, sur les 854 millions de personnes qui souffrent de la fin dans le monde, les deux tiers sont des agriculteurs des pays en développement. La situation est particulièrement critique dans une quarantaine de nations.

Les agrocarburants, c’est-à-dire les carburants produits à partir de matières agricoles, sont mis à l’index…

Ils ont été considérés comme la panacée et les voilà maintenant désignés comme la cause de tous les maux. Tout n’est pas aussi simple. Il faut relativiser, car les agrocarburants ne représentent qu’un pourcentage infime des terres cultivées. C’est marginal en réalité. Mais comme le secteur a été présenté tel le nouvel eldorado de l’énergie, il a aiguisé les appétits des fonds d’investissement. Et cela a également contribué à l’augmentation des prix des matières agricoles. N’oublions pas que le pétrole a aussi sa part de responsabilité. L’envolée du prix du baril n’est pas sans conséquence. L’agriculture intensive a besoin de carburant pour faire tourner ses engins. Elle est tributaire des engrais (souvent des dérivés du pétrole, ndlr), des transports, etc.

Qu’en est-il de la spéculation ?

Les tensions sur les stocks des matières alimentaires ont certes provoqué une hausse des cours, mais d’autres facteurs sont à prendre en compte comme la spéculation. Des «investisseurs», notamment refroidis par la débâcle de l’immobilier américain, ont décidé de jouer avec ces matières premières qui se révèlent être désormais des valeurs refuges très à la mode. Des fonds d’investissement spéculent sur la nourriture déclenchant une envolée des prix. Qu’arrivera-t-il quand cette bulle spéculative éclatera, tout comme la bulle internet s’est déjà déchirée ? Il y aura probablement une chute des prix, mais rien ne sera réglé jusqu’à la prochaine crise. Il est aujourd’hui nécessaire de réguler les prix au niveau mondial. La sécurité alimentaire de la planète l’exige. Il faut parvenir à donner un revenu suffisant aux cultivateurs tout en protégeant le consommateur. Ce n’est pas utopiste : l’autonomie des pays pauvres en matière d’agriculture, leur souveraineté alimentaire, est un but à poursuivre. Les paysans ne devraient plus abandonner le travail des cultures vivrières par manque de rentabilité. Nous pensons qu’une partie de l’aide au développement, environ 15%, devrait être consacrée à cette problématique.

La Chine plus gourmande

Si de mauvaises conditions climatiques, et donc de faibles récoltes, peuvent expliquer en partie la crise alimentaire, d’autres facteurs entrent en ligne de compte. Les observateurs ont assisté à des changements brusques dans les habitudes alimentaires de plusieurs pays émergents comme la Chine, l’Inde, le Brésil, etc. Les habitants de ces pays, en devenant globalement plus riches, absorbent de plus en plus de viande et de produits laitiers.

Conséquences ? Il faut généralement dépenser dix kilos de blé pour produire un kilo de viande. Alors quand la Chine voit sa consommation de viande multipliée par 2,5 en quelques années, ce sont des quantités astronomiques de céréales qui sont englouties par le bétail. À titre d’exemple, un végétarien belge consommerait 180 kg de céréales par an pour se nourrir contre 930 kg pour un consommateur en version «carnassier».

 

24.02.2010

Murs végétaux

Quentin Halot, créateur d'espaces vert…icaux
C'est au pied du mur qu'on voit le jardinier

Quentin Halot  mur végétal

Le mur vivant gagne en popularité dans l'entreprise. Le concept vient de France et possède bien des avantages en termes d'isolation et de réduction des polluants. Rencontre avec un artisan aux mains vertes. Quentin Halot, un jardinier qui fait le mur.

"J'ai été formé à l'institut horticole de Gembloux. Je suis tombé amoureux des jardins grâce à mon père. Plus tard, j'ai été captivé par le concept du mur végétal", raconte Quentin Halot, créateur de jardins horizontaux et… verticaux.

L'idée du mur végétal a été développée par Patrick Blanc, un botaniste français de renom, docteur en sciences et chercheur au CNRS. L'homme a étudié les plantes aux quatre coins de la planète. Et il s'est dit que, même dans nos régions tempérées, la végétation colonise des supports comme les rochers et les falaises. Les plantes n'ont pas besoin de terre pour vivre tant que leurs racines peuvent se fixer sur une surface stable et qu'elles sont abreuvées en eau et en sels minéraux. Le botaniste s'est donné comme mission d'introduire les plantes en ville dès la fin des années 1980. Entre béton et bitume, il s'est servi du seul espace encore très largement disponible dans la cité : celui des façades. Il a créé des murs végétaux grâce à un support spécifique en métal et en PVC, car les racines ne doivent pas abîmer le bâtiment. Ce cadre pour plantations a été équipé d'un système d'irrigation. Lire la suite sur : UCM.be

13.02.2010

Japon, estampes

Chefs-d’œuvre parfois impudiques de la culture japonaise, les estampes ont influencé la peinture européenne.

The_Great_Wave_off_Kanagawa

Illustration de l’article

L’estampe la plus célèbre est certainement la «Grande-Vague» de Katsushika Hokusai (1760 - 1849). Cette grande vague, ce tsunami en japonais, montre des flots s’abattant sur les bateaux au large de Kanagawa.

 

«Depuis près d’un demi-siècle, j’expose beaucoup de dessins», expliquait Katsushika Hokusai, maître absolu de l’estampe japonaise. «Cependant, je n’ai rien peint de notable avant d’avoir 70 ans. À 73 ans, j’ai assimilé légèrement la forme des herbes et des arbres, la structure des oiseaux et d’autres animaux, insectes et poissons. Par conséquent à 80 ans, j’espère que je me serai amélioré. Et à 90 ans que j’aurai perçu l’essence même des choses. De telle sorte qu’à 100 ans, j’aurai atteint le divin mystère…» Hokusai est mort à l’âge de 89 ans.

L’estampe japonaise fait partie intégrante de la riche civilisation nipponne. Elle a ravi les Occidentaux par sa légèreté, ainsi que par le délicat et infatigable travail des maîtres de l’image. Elles représentent un monde flottant, idéalisé, voire impressionniste.

L’estampe a été introduite au pays du soleil levant, vers le 7e siècle de notre ère, par des missionnaires bouddhistes chinois. Elle servait à propager des dessins religieux. Mais au 17e siècle, le Japon avait développé un style très particulier. La paix s’était installée après des interminables guerres. Les Shoguns (dictateurs militaires), qui étaient restés au pouvoir, avaient passé des commandes aux artistes et favorisé cet art. Les illustrateurs travaillaient sur une feuille de papier de riz. Le sujet était reproduit sur une planche de cerisier gravée et enduite d’encre. L’image était ensuite transférée sur le papier final. Plusieurs planches étaient nécessaires pour les tirages en polychromie.

L’estampe japonaise se distingue encore de nos jours par l’emploi de couleurs à base d’eau. La version occidentale de l’estampe emploie, quant à elle, des encres huilées et des presses mécaniques.

Le 19e siècle, période d’essor économique nippon, va correspondre à l’apogée de l’estampe. Les sujets sont toujours des scènes pittoresques de la vie quotidienne de riches commerçants, des portraits d’artistes de théâtre et de fabuleux paysages. Mais la diffusion d’images érotiques, féminines et sensuelles connaît de plus en plus de succès. Le Japon s’ouvre en parallèle à l’Occident. L’exposition universelle de Paris en 1867 fait la part belle à ce pays. L’engouement pour les estampes est alors sans précédent.

Manet, Van Gogh et Cézanne deviennent des admirateurs des estampes asiatiques. Ils ne sont pas les seuls. «Hiroshige est un impressionniste merveilleux. Moi, Monet et Rodin en sommes enthousiasmés», écrit alors Camille Pissarro. Mais c’est sans doute Claude Monet qui a le plus adoré ces images bien qu’il n’ait jamais visité le Japon. Il a acheté de nombreuses estampes. Sa collection en comptera au final 231. Elles sont toujours visibles dans sa maison de Giverny. C’est pourquoi plusieurs historiens de l’art pensent que Monet et d’autres créateurs ont été fortement influencés par cet art nippon, ne serait-ce que par le choix des compositions, le travail de la lumière... L’influence des estampes japonaises sur la peinture européenne, selon eux, ne serait donc plus à démonter. Paru dans le Télépro en 2008

 

16.01.2010

Tiny

Tiny rêve de conquérir le monde

Fabien Pinckaers  Tiny
 

Fabien Pinckaers n’a que 30 ans. Il est le patron de Tiny, une entreprise pleine de promesses et active dans le secteur des logiciels libres pour entreprises. Il est tombé dans le chaudron de l’informatique tout petit, ou quasiment. A 13 ans seulement, il créait et vendait son premier logiciel de facturation à une société de déménagement bruxelloise contre 7.000 francs et une… raquette de tennis ! Est-il le nouveau Bill Gates ?

Fabien Pinckaers n’a jamais quitté son domaine de prédilection. C’est un mordu. Durant ses études d’ingénieur polytechnicien à l’UCL, il employait déjà deux salariés dans un kot ! Le magazine "Trends Tendance", en juillet dernier, faisait sa une sur ce jeune loup aux dents longues. L’hebdomadaire titrait : "Et si ce jeune belge était le nouveau Bill Gates ?". En pages intérieures, on pouvait lire : "compte de fée dans le Brabant wallon".

Le produit phare de Tiny est l’OpenERP. Un logiciel ERP (pour Enterprise Resource Planning) permet de gérer l’ensemble des programmes opérationnels d’une entreprise. Il intègre aussi bien la GRH, la gestion comptable, financière, du stock, etc. Lire la suite : clic U&A. 

03.01.2010

La décroissance

Les objecteurs de croissance désirent travailler et consommer moins pour être plus heureux. Paru dans le Télépro en mai 2009.

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Ils sont utopistes et aimeraient révolutionner l’économie en adoptant la décroissance de la consommation, soit un mode de vie où les citoyens achètent moins et différemment. Nous avons interrogé sur le sujet Jean-Baptiste Godinot, membre de l’Association des Objecteurs de croissance (AdOC), et auteur d’articles sur la question.

En quoi consiste l’objection de croissance ?

La croissance économique n’est pas, pour nous, la solution. Nous remettons en question ce dogme. Il affirme qu’accumuler toujours plus de choses et consommer davantage, c’est bon pour la société. Cette logique du «toujours plus» n’a pas d’avenir. Elle ne rend pas les gens heureux, l’accroissement du PIB (produit intérieur brut) ne crée pas de bien-être. La croissance économique repose sur le travail des hommes et l’exploitation des ressources naturelles. Mais ces ressources sont limitées. Nous le constatons déjà en ce qui concerne le pétrole et le gaz. Nous continuons pourtant à saturer la Terre de pollutions diverses, nous bouleversons le climat.

Que proposez-vous ?

La crise économique actuelle est une conséquence logique du système. La croissance ne peut être infinie. Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel, il y a des ratés. Nous proposons donc de marquer une pause, de modifier nos comportements de consommation et de vie. Il est temps de choisir une autre voie. En clair ? Il faut relocaliser l’économie, rapprocher le producteur du consommateur, vivre au rythme des saisons. C’est la condition pour diminuer notre dépendance aux énergies fossiles comme le pétrole. Car nous n’irons plus chercher nos marchandises à des milliers de kilomètres d’ici. Nous produisons des fraises à Wépion, pourquoi les faire venir d’Espagne ? Ne nous voilons pas la face, des industriels délocalisent leurs productions pour bénéficier d’une main-d’œuvre plus servile et bon marché comme en Asie ou en Europe de l’Est. Relocaliser l’économie, c’est aussi éviter des formes d’esclavages comme le travail des enfants. Notre objectif n’est pas de tout changer brutalement, mais d’y parvenir progressivement en modifiant nos mentalités et nos comportements.

La mondialisation de l’économie permet aux consommateurs d’acheter des produits bon marché…

Nous ne croyons pas que le bonheur vient d’un encombrement d’objets, d’une consommation compulsive et polluante. Nous avons perdu conscience de la valeur des choses et des ressources. Prenons l’exemple des textiles et des chaussures chinois, certes ils sont bon marché, mais les travailleurs ne sont-ils pas exploités ? Ne vaut-il pas mieux apprendre à acheter et prendre soin de ses vêtements, que de porter et puis jeter ? Pour paraphraser Pierre Rabhi, paysan et philosophe français, soyons des adeptes de la «sobriété heureuse.

Et l’emploi dans tout ça ?

Nous sommes accusés de vouloir revenir au temps des cavernes. C’est plutôt l’inverse. L’industrie automobile va dans le mur avec la fin annoncée du pétrole. N’est-il pas temps d’investir et de créer des emplois dans les transports en commun, les transports doux comme le vélo, les énergies renouvelables ? Il faut en outre se poser la question du travail dans la société. Doit-on bosser comme des bêtes pour s’offrir des marchandises dont nous n’avons pas vraiment besoin ? Il faut sortir du cycle infernal du travailler plus pour consommer plus. Nous sommes en faveur d’une réduction globale du temps de travail afin que tout le monde puisse avoir accès à un travail et à un salaire décents.

Oliver Kat

"J'étais spécialisé dans la location de château gonflable", raconte Stéphane Breesch, le patron d'Oliver Kat, une entreprise de Remicourt qui loue de beaux chapiteaux, mais aussi des tentes, des jeux gonflables et de petites aubettes à pop-corn ou à barbe à papa.

Oliver Kat

"Au fil du temps", poursuit-il, "mes clients m'ont demandé si je ne louais pas des chapiteaux. J'ai donc décidé d'en acheter. Et pour me différencier de la concurrence, j'ai ensuite investi dans des chapiteaux de type pagode. Ils se caractérisent par un toit pointu et par une hauteur de côté plus grande, ce qui est plus agréable pour les invités. J'en loue pour toutes les occasions et de toutes les tailles. Ils s'adaptent à toutes les cérémonies. C'est le nec plus ultra pour une fête ou des événements prestigieux." Lire la suite CCI MAG.

Travail-vie privée

La technologie favorise l’équilibre travail-vie privée

Plus de 80 % des salariés en Europe affirment que les technologies de communication mobile, comme les téléphones intelligents et les ordinateurs portables, ont accru leur productivité individuelle. Elles ont même, pour plusieurs d’entre eux, favorisé davantage d’équilibre entre leur vie professionnelle et personnelle. Lire la suite ICI.

Christophe Ibens

Christophe Ibens n'a que 9 ans, mais il est déjà le meilleur coureur de BMX en Belgique dans sa catégorie. Ce jeune garçon de Boncelles a remporté la Top Competition. Et de loin ! Il avait 27 points d'avance sur son premier adversaire. C'est assurément la victoire de la régularité, de la volonté et de la détermination. Portrait d'un jeune champion de Belgique.


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 Image tirée du site www.christophe-ibens.be

"Je suis né le 5 janvier 2001", relate Christophe Ibens sur son site internet (www.christophe-ibens.be). "J'habite à Boncelles et je suis pilote dans le club du BMX Soumagne où je roule avec mes 5 coéquipiers dans ma catégorie d'âge. Beaucoup d'entraînements (trois fois semaine), des stages et des courses (le plus possible), voici une année bien chargée pour mon sport favori, la compétition de BMX."

Ce passionné de vélo a commencé son sport à l'âge de 5 ans seulement. Et il a vite grimpé les échelons. C'est ainsi que le petit sportif wallon est devenu, le 11 octobre dernier, à Massenhoven, Champion 2009 de la Top Competition belge de BMX. Son papa, Stéphane Ibens, a alors déclaré "c'est la victoire de la régularité. Christophe a obtenu le titre au terme de 7 manches disputées avec des victoires et des défaites, mais toujours avec une impressionnante volonté et une grande détermination. Cela lui a permis de toujours terminer dans les 3 premiers. Christophe était motivé. Car il savait que le titre était au bout des doigts. Mais, il a dû rester concentré. Rien n'est jamais gagné en BMX avant l'arrivée."

Ce sport BMX est palpitant avec ses rebondissements. Voici une tranche de compétition : "Aie, gros problème avant la 1/2 finale, Christophe se rend compte que quelqu'un a cassé sa poignée de frein. Pas le temps de faire changer sa poignée... C'est donc très stressé qu'il monte au départ. Sur la grille, il y a des adversaires très sérieux. Christophe n'a pas le choix, il doit être devant pour ne pas devoir freiner. C'est donc en trombe qu'il roule et gagne avec 8 mètres d'avance !"

L'année 2009 s'était déjà déroulée sous de bons auspices. Le jeune champion avait effectivement décroché une médaille de bronze au championnat de Belgique, en juillet. Et la saison s'est terminé de belle manière avec un podium. Il est monté sur la troisième marche de la Flanders Cup 2009.

Et s'il aime la compétition, Christophe n'en demeure pas moins un garçon presque comme les autres. D'ailleurs, sur "Bmxsoumagne.be", on relate que le petit Ibens aime la Playstation et le trampoline. Et que ses plats préférés sont les pizzas, les frites, les boulettes, les saucisses, les chiques et les chips. Comme d'autres enfants, il apprécie aussi les visites dans les parcs d'attractions. Texte écrit pour Passe-Partout.

Point Chaud

Point Chaud Belgique, de master franchisé à franchiseur ?

Didier Depreay patron Point Chaud

L'enseigne Point Chaud se porte bien en Belgique comme le confirme Didier Depreay, l'administrateur délégué, le fondateur et le propriétaire-manager de cette entreprise. 

Point Chaud, c'est l'histoire d'un master franchisé qui pourrait avaler sa maison-mère... 

 

Lire la suite sur le site Investeo.com

 

Copeaux

Utiliser des copeaux comme combustible

 

La menuiserie Macquart Frères SPRL emploie sept personnes. Il s’agit d’une PME familiale qui se développe sur le modèle des entreprises citoyennes. Elle a investi dans un système de recyclage des déchets de bois et s’en sert comme combustible pour chauffer ses locaux. C’est écologique. La petite firme veut également prouver qu’il est possible d’assurer sa croissance tout en étant installée au sein d’un village. Alors qu’elle compte agrandir son bâtiment, elle met avant tout l’accent sur le respect des riverains.

 

"J’étais agent provincial, nommé en tant que menuisier", raconte Guy Macquart. "Je désirais connaître un autre rythme de travail, d’autres perspectives. J’ai donc demandé un mi-temps pour lancer une activité complémentaire de menuisier. Le travail s’est vite accumulé et j’ai finalement quitté mon poste à la province pour développer mon entreprise. C’était en 1986. La société a pris de l’ampleur depuis." Lire la suite : Union & Actions

 

21.12.2009

Noël

Noël : la messe de minuit, la crèche, le sapin, la dinde, la bûche...

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A Noël, les catholiques célèbrent la naissance du Christ (…) des éléments liés à la tradition de Noël, ont une signification symbolique très forte et s'ancre dans nos us et coutumes.

Source : DEPECHES CATHOBEL - BELGIQUE – Bruxelles – le 21 décembre 09.

Messe de minuit.

On ignore également l'heure de la naissance de Jésus. Minuit est une heure symbolique, qui marque l'arrivée d'un jour nouveau. La « messe de minuit » fait partie des traditions de Noël. Aujourd'hui, elle est également célébrée plus tôt dans la soirée, notamment pour permettre aux enfants d'y participer.

La bûche

À l'origine, il s'agissait d'une bûche qui devait brûler du 24 décembre jusqu'au Nouvel An. Allumée dans la pièce à vivre, elle apporte chaleur et lumière à la veillée. On devait choisir une très grosse bûche de bois dur ou une vieille souche et provenant de préférence d'un arbre fruitier. La bûche devait être coupée avant le lever du soleil. La bûche était souvent décorée de rubans. On la portait ensuite dans la grande pièce familiale avec un grand cérémonial. La disparition des grandes cheminées dans les foyers mit fin à cette tradition, mais elle fut remplacée par un dessert créé par un pâtissier en 1945.

La crèche

Le mot "crèche" désigne une mangeoire pour les animaux. Selon l'évangile de Luc, Marie a déposé l'enfant Jésus dans la crèche de l'étable où Joseph et elle avaient trouvé refuge. Par extension, le mot crèche désigne l'étable ou la grotte ou est né Jésus. Selon la tradition, la crèche de Noël aurait été inventée par St François d'Assise, mais en fait la crèche, comme reproduction de l'étable, n'est apparue  dans la peinture en Italie qu'au XIV°- XV° siècle. Les personnages sont ceux qui figurent dans les évangiles : Marie, Joseph, l'enfant Jésus, les bergers avec leurs moutons. La tradition, à la suite de l'évangile apocryphe du Pseudo Matthieu (6e ou 7e siècle), y a ajouté l'âne et le boeuf qui ne sont pas présent dans le récit de St Luc. C'était à l'origine des crèches d'église vers 1550. Les crèches de Noël familiales ne sont apparues qu'au XVII° et se sont développé au XVIII°, particulièrement avec les crèches napolitaines dans les demeures aristocratiques. Celles ci, de style baroque, étaient raffinées avec une grande diversité de personnages richement ornés. En France avec la révolution, les crèches publiques étant interdites, apparaissent les crèches familiales dans les maisons. C'est alors que se développe la crèche provençale plus rustique que la napolitaine. Elle est issue de la familiarité avec le peuple des villages de Provence. Le « santons », ces petites figurines en terre peinte, sont apparues au XVIIIème siècle chez un artisan de la Provence.

La dinde

Cette volaille nous vient d'Amérique du Nord. Au XVIème siècle, elle fut apportée du Mexique par les Espagnols puis domestiquée en Espagne, en France et en Angleterre. D'ailleurs, le nom de dinde vient du fait que les premières trouvées ont été baptisées "poules d'Indes" par les Espagnols croyant revenir de l'Inde. Il a toujours été de coutume de fêter Noël avec un plat à base de volaille, essentiellement des oies, car elles étaient considérées comme l'oiseau solaire et garantissaient la protection du soleil à celui qui en mangeait. La dinde est devenue un menu de Noël car elle représentait un volatile inhabituel et était dégusté en temps de grandes fêtes. La première dinde a été mangée au cours du repas de Noël de Charles VII.

Le sapin

C'est en Alsace qu'apparaît la tradition du sapin. Elle est attestée en 1521. Les roses, les pommes et les friandises étaient les décorations habituelles du sapin, les pommes rouges faisant référence à l'histoire d'Adam et Eve. En 1806, une gravure illustre de nouvelles ornementations inaugurant les petits personnages, les animaux et les gâteaux. L'étoile accrochée traditionnellement au sommet de l'arbre symbolise l'étoile de Bethléem qui guida les Rois Mages vers Jésus-Christ. Aux XVIIème - XVIIIème siècles, les premiers sapins illuminés par des petites bougies font leur apparition, mais il faut attendre 1880 pour que les premières décorations électriques apparaissent aux Etats-Unis. Traditionnellement, on y accrochait des pommes mais en 1858, l'hiver fut si rigoureux qu'il n'y eu plus de pommes. Un artisan verrier eut l'idée pour donner quand même un peu de joie à la fête de créer des boules représentant une pomme et d'autres fruits. La boule de Noël était née. 

06.12.2009

Green Bike Charleroi

Mobilité verte

Green Bike roule à l’électricité

La voiture n’est pas recommandée pour effectuer de petits trajets. Green-Bike, le premier distributeur dédié aux deux-roues électriques en Wallonie, estime qu’il est temps de passer à des solutions plus douces et plus économiques pour les petits déplacements.

Green Bike
Christophe Mertens, le patron de Green Bike croît dur comme… vert au développement des deux-roues électriques.

"Je voulais à acheter un scooter électrique, il y a deux ou trois ans d’ici", relate Christophe Mertens, le patron de Green Bike. "Je faisais environ sept kilomètres pour me rendre au travail. Et je me demandais quelle solution écologique et flexible pouvait me convenir. J’étais conscient que l’usage de la voiture n’était pas adapté à ma situation. Mon moteur était à peine chaud lorsque j’arrivais sur le parking de l’entreprise (Alstom à Charleroi). Et je vous passe les problèmes d’embouteillage. J’ai donc voulu acquérir un deux-roues électrique. Je me suis vite rendu compte qu’il n’y avait quasiment rien en la matière en Belgique. L’idée a donc germé d’exploiter ce créneau. Green Bike est né. Je me suis donné pour objectif d’offrir une alternative écologique et performante aux moyens de transport traditionnels. Il s’agit aussi de s’affranchir d’un pétrole rare et cher."

Même un VTT

L’entrepreneur a pris contact avec un importateur français et s’est lancé dans l’aventure au printemps dernier. "J’ai investi sur fonds propres. Je me suis installé à Charleroi, la ville où je possédais déjà un rez-de-chaussée commercial." Green Bike propose une gamme complète de deux-roues, soit huit modèles de scooters électriques (équivalent 50cc et 125cc) et sept modèles de vélos à assistance électrique allant du pliable au VTT en passant par le vélo classique. L’autonomie des scooters varie de 40 km à 90 km pour une vitesse pouvant atteindre les 100 km/h. Ce qui est largement suffisant pour un usage urbain et périurbain. La moyenne des kilomètres parcourus en deux roues et de 15 km.

Et pour recharger ces joujoux ? Il suffit de les brancher sur une simple prise électrique. Il n’y a pas besoin d’ampérage spécifique. La recharge s’effectue entre quatre et huit heures selon les modèles. Lire la suite dans Union & Actions.

14.11.2009

Marie-Hélène Joiret

Directrice du Centre wallon d'Art contemporain (la Châtaigneraie) depuis une dizaine d'années, présidente du Centre culturel de Flémalle depuis près de 20 ans, Marie-Hélène Joiret fait le point sur l'action culturelle dans sa commune. Une culture qui se veut à la fois sociale, avec des valeurs, de grande qualité, sans pour autant tomber dans l'élitisme.

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"Nous avons la chance de posséder de beaux projets culturels sur notre commune comme le Préhistosite, la Châtaigneraie, le Centre culturel, etc. Notre patrimoine architectural est en outre mis en valeur", raconte Marie-Hélène Joiret. "C'est exceptionnel pour une commune industrielle de 25.000 habitants qui se situe à la périphérie d'une grande ville. L'action d'André Cools en faveur de la culture n'a pas étrangère à ce dynamisme."

Mme Joiret est également membre du conseil du CPAS. Elle déclare ainsi : "il nous importe à Flémalle de construire des ponts, de créer des liens entre le social et culturel. Prenons l'exemple de la Fiesta du rock, c'est un immense terrain d'expériences et de collaborations. Des tas de gens travaillent sur le site et s'impliquent bénévolement. Ils sont encadrés par des associations comme la Maison des jeunes ou Perspectives qui forme des régisseurs pour les spectacles. Il y a tout un réseau, tout un maillage qui s'est mis en place à Flémalle. Et le Centre culturel a un rôle moteur à jouer dans cette optique. Il apporte son expertise au niveau de la promotion et de l'organisation."

Quant à la Châtaigneraie, le Centre d'Art contemporain fête les 30 ans de sa première exposition. On sait que c'est l'artiste Léopold Plomteux qui est à l'origine du ce projet. "Une nouvelle saison s'annonce avec trois expositions à la rentrée, dont une consacrée à Evelyne Axell et le Pop Art en Wallonie", détaille Marie-Hélène Joiret . "Cette artiste a notamment travaillé avec Magritte. L'expo est étoffée par les oeuvres de deux créateurs liégeois. Cette exposition est représentative de notre action. Notre objectif est aussi de mettre en valeur les artistes de chez nous tout en ayant une ouverture sur le monde comme le prouve la dernière manifestation Fenêtres sur mer." Des racines et des ailes !

"Nous désirons également rendre l'art plus populaire, le rendre accessible au plus grand nombre, en faisant fi de l'élitisme", conclut-elle. "Nous sommes d'ailleurs un Centre ouvert à toutes les tendances et à l'éclectisme de qualité. Et d'une manière plus générale, je demeure très optimiste pour la culture à Flémalle. D'une part, les autorités soutiennent l'actuel bouillon de culture. D'autre part, en ces temps de crise, beaucoup de gens se rendent bien compte qu'il n'y a pas que l'aspect matériel dans la vie. Les valeurs véhiculées par la culture prennent ainsi encore plus de sens !"

 

 

26.10.2009

Borinage

© R. Masuy

Henri Storck, père du cinéma belge.

Il a pratiqué plusieurs genres cinématographiques dès le début de sa carrière: un cinéma d'art et d'essai, de fiction ou poétique, traitant sur la peinture. Storck avait, dans les années 20, des rapports fréquents avec des peintres. Il pensait que le cinéma était comme une peinture avec le mouvement.

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         Storck est connu pour son art du documentaire basé sur une réalité sociale. Il a acquis ses lettres de noblesse dans ce domaine, ainsi qu'une renommée de réalisateur engagé. Il a participé avec d'autres cinéastes  au mouvement de reconnaissance du documentaire dans le septième art  ( qui était un genre en marge de la fiction ) .

           Une phrase de Jean Vigo dont Storck a été l'assistant et l'acteur[1]  :"J'entends  prendre sur le réel un point de vue documenté". Rien n'est plus vrai que cette phrase à propos de Misère au Borinage.

 1. CONTEXTE DU FILM

         La grève de 1932 et ses conséquences, sujet du film d'Henri Storck, ne peuvent pas être dissociées des événements survenus au Borinage dans les années 30. La crise de l'industrie minière boraine n'était pas uniquement la résultante de la dépression économique internationale, mais révélait des causes plus profondes. Le Borinage avait un retard considérable sur les autres bassins houillers (outils vieillots,...). Ces désavantages se firent directement sentir lorsque les sociétés minières refusèrent de faire des investissements. Elles préféraient fermer les mines ou s'efforcer de réduire les salaires.

         La crise frappa également toute l'industrie du charbon ainsi que le prouve clairement les stocks croissants, le chômage grandissant et les réductions salariales. Les mineurs pour autant qu'ils ne fussent pas mis à la rue, devaient satisfaire à des normes de production sans cesse plus élevées.

         Le 16 juin 1932, le salaire des mineurs était encore diminué de 5%. Environ 10.000 mineurs se mirent en grève au Borinage.

         Le 6 juillet 1932, tout le Borinage avait stoppé le travail.

         Le lundi 4 juillet 1932, les mouvements syndicaux avaient organisé des manifestations partout en Belgique. Au Borinage, la manifestation déclancha des sentiments de mécontentement. On y scandait: "Plutôt la mort que la faim de nos enfants!".

         Le 8 et 9 juillet 1932, la grève s'étendit vers le Centre et la région de Charleroi grâce à l'invasion de milliers de Borains. Les ouvriers métallurgistes s'associèrent au mouvement de grève. Un affrontement entre grévistes et forces de l'ordre était devenu inévitable. Suite à cette extension de la grève, le gouverneur du Hainaut décida d'intervenir: les attroupements furent interdits et les effectifs de police renforcés. Le samedi 9 juillet, un affrontement direct eu lieu. Les gendarmes furent copieusement arrosés de pierres, des barricades furent érigées, les forces de l'ordre ouvrirent le feu.

         Le dimanche 10 juillet, un jeune ouvrier perdait la vie.

         Le gouvernement fit de son mieux pour tenter de rapprocher ouvriers et patrons: objectif atteint en septembre seulement! Les mineurs n'avaient d'autre choix que d'accepter. Ils étaient en grève depuis plus de deux mois. S'ils avaient bien quelques réserves, elles étaient depuis longtemps épuisées. Le travail fut officiellement repris le samedi 10 septembre.

         L'hiver 1932-33 fut très rigoureux. Les mineurs souffraient de faim et de froid. Ils n'avaient plus de combustible, eux qui remontaient le charbon à la surface. Il y eu de nouveaux conflits dans divers charbonnages borains. C'est dans ce contexte de grève, de manifestation et de chômage que fut tourné le film Misère au Borinage. 

2. SCENARIO ET STRUCTURE

         Ce film a été tourné à la demande d'un ciné-club bruxellois après la lecture d'une brochure intitulée Comment on crève de faim au levant de Mons?. Ce documentaire en gestation voulait montrer les conséquences de la grande grève des mineurs qui s'est réalisée en 1932. Henri Storck ne se sentait pas capable de réaliser seul ce film sur un milieu qu'il ne connaissait pas; c'est pourquoi il a demandé l'aide de Joris Ivens, un cinéaste Hollandais proche du prolétariat qui faisait partie de l'Internationale Communiste.

         Ce documentaire militant est le premier de ce type et de cette importance réalisé dans le monde occidental.

         La crise des années 30 et ses répercussions sur les conditions d'existence de la classe ouvrière en Belgique trouveront un écho dans deux courts-métrages d'Henri Storck: Misère au Borinage, en 1933 et La maison de la misère en 1937. Le premier fut tourné à l'initiative de Pierre Vermeylen et André Thirifays, animateur du club de l'écran, un an après les grandes grèves qui agitèrent le Pays Noir. Ils ont été les témoins de la vengeance exercée par les patrons contre les mineurs privés de travail et expulsés de leur habitation. Ils ont filmé avec fougue, clandestinement, pourchassés par la police, avec la collaboration bénévole des ouvriers pour les séquences reconstituées (la manifestation pour l'anniversaire de la mort de Karl Marx). Ils vivaient pratiquement dans l'illégalité, découvrant le vrai visage de l'injustice sociale, la générosité du peuple et son indignation.

         C'est le premier film belge socio-politique, et qui restitue l'événement dans un contexte international, en donnant une explication économique aux réalités. L'exergue du film, "crise dans le monde capitaliste, les usines sont fermées, des millions de prolétaires ont faim", est aussitôt illusté d'images de manifestations ouvrières aux Etats-Unis et de leur répression.

         Le style de l'image s'est imposé naturellement: c'était du néo-réalisme et cela n'avait jamais été fait auparavant. Le film est précurseur par la forme comme par le fond. Henri Storck et Joris Ivens ont employé toutes les formes de cinéma depuis l'intercalage d'actualité jusqu'au film joué d'après un scénario établi, en passant par le reportage et le film éducatif Ils se sont toujours inspirés de la plus grande réalité possible. La situation des familles ouvrières du Borinage n'a rien de révolutionnaire en soi, c'est sa confrontation avec les stocks de charbon, la destruction des denrées alimentaires, les images de lutte d'ouvriers de tout pays, volontairement rapprochés, qui doivent provoquer chez le spectateur une prise de conscience. Ils ont dû abandonner tous les "trucs" et retourner au muet; qu'ils ont dû réapprendre et utiliser en reconnaissant à quel point cela amoindrissait la portée de leur film mais ils se sont bornés à ne voir en lui qu'une tentative nouvelle. Il y a des images-choc: enfants sans logement non loin d'une nouvelle église en construction; femmes des corons sur les terrils grapillant les scories à proximité des immenses stocks de charbon en réserve.

       Malgré l'enquête type "cinéma-vérité", des scènes durent être reconstituées, d'ailleurs avec la participation de ceux qui avaient réellement vécu les événements, et une manifestation ouvrière, drapeau rouge en tête, devint au cours du tournage si vrai dans son expression que la gendarmerie, illusionnée, intervint comme elle l'avait fait quelques mois auparavant.

         L'expression cinématographique étant un des meilleurs moyens d'aider efficacement la classe ouvrière dans sa lutte et ses revendications vitales, Storck et Ivens ont trouvé là une occasion qu'ils cherchaient depuis longtemps, de participer directement à cette lutte et d'en tirer un document authentique, composé de faits réels et contrôlables.

         La misère épouvantable du Borinage, la répression qui s'est abattue sur les ouvriers révoltés contre l'exploitation qui les écrase leur a semblé souligner tout particulièrement l'anarchie économique du système capitaliste.

         Le film est une synthèse originale de l'influence soviétique et du nouveau documentaire anglais, tout en préfigurant le cinéma italien de l'après-guerre. Les autorités ont d'ailleurs préféré en interdire la projection.

 

3. ANALYSE

         Le film qui est structuré de manière symétrique (actualités, documents et plans déjà vus) possède son point d'orgue lorsqu'il montre de manière figurée le contraste entre les richesses des uns et la misère des autres symbolisée par les montagnes de charbons invendus et  d'autre part, quelques crève-la-faim grappillant du mauvais charbon sur les terrils.

D'un point de vue constructif, on peut constater six points importants dans cette structure:

1) l'ouverture sur des images d'actualités doublées d'un commentaire sur la crise du monde capitaliste.

2) le Borinage et les conséquences désastreuses de la crise de 1929.

3) la grève comme moyen de défense.

4) les patrons qui réagissent en envoyant l'armée et la gendarmerie comme instruments de l'ordre économique.

5) la solidarité entre les ouvriers.

6) un rappel de quelques plans du film mélangés à des images d'actualité.     

        Ce film, bien que documentaire dans son ensemble, comporte néanmoins une partie réalisée avec des figurants. En effet pour des raisons de lisibilité du récit, deux séquences  ont été rejouées avec le concours des mineurs borains. Il s'agit d'une reconstitution d'une manifestation avec le portrait de Karl Marx en tête et un exemple de solidarité ouvrière pour empêcher l'action d'un huissier. Schématiquement, le film est alors constitué de séquences d'archives, de fiction et de documents réels (la plus grande partie).

4. UNE PHILOSOPHIE DU REEL.

         On  ressent Misère au Borinage comme la synthèse d'un film généreux, solidaire et révolté. L'image donnée sur le réel est celle de la société duale de cette époque. Ce documentaire, malgré les conditions difficiles de tournage[2][2], exprime paradoxalement un sentiment de sérénité et de détermination. Ce récit est ouvert et restera ouvert sur le futur comme un témoignage subjectif d'une condition particulière du réel.

         Ce film est naturellement engagé, mais jamais il ne sera révolutionnaire car sa volonté était de montrer sincèrement une situation d'injustice et non de faire le manifeste d'une lutte des classes. C'est simplement un documentaire passionné sur la condition humaine. La constante dans l'oeuvre de Storck est assurément cette authenticité qui transparaît tout au long de sa filmographie. De Borinage (1933) en passant quelques années plus tard par Les maisons de la misère (1937) ou encore en 1958 pour son documentaire africain les Seigneurs de la forêt, c'est le même soucis de véracité qui transparaît. C'est cette extrême probité et une manie de la perfection qui ont façonné son oeuvre. La poésie sous-jacente qui transparaît de certains de ses documents est parfois annihilée par cette rigueur pointue de  réalisation.

         A ce sujet, Henri Storck disait lui-même a propos de son film africain[3] : "Nous avons voulu faire preuve d'authenticité véritable dans la description de l'Afrique, contre l'anthropomorphisme de Disney et la mythologie des Italiens: c'est la démonstration d'une sorte de puritanisme ethnographique ".

         La qualité particulière et l'apport novateur de Borinage au paysage cinématographique sont à n'en plus douter les débuts de ce que l'on va appeler plus tard le cinéma du réel. Henri Storck a filmé Borinage sous l'influence complète de son maître documentariste, l'Irlando-américain Robert Flaherty qui avait pour la première fois filmé les esquimaux chez eux[4][4]. Le duo Storck-Ivens participe ainsi de manière très consciente à la vague du documentaire social qui déferle au début de ces années trente en Angleterre mais également de manière plus discrète sur le continent. A cette époque, on peut véritablement parler d'une Ecole du documentaire du réel, car les cinéastes du genre se rencontraient et s'échangeaient des vues et des idées. Henri Storck a d'ailleurs plusieurs fois rencontré son maître tout en conservant avec lui une correspondance abondante.

         Le documentaire social devient alors un courant filmographique qu'on pourrait qualifier d'entreprise sociologique et anthropologique. C'est un cinéma "intègre", dont le désir était de se servir du média cinématographique pour montrer l'Homme jusque dans ses gestes les plus humbles.                                                          

         Cette manière sobre de filmer confère au documentaire du réel qu'il soit de Storck ou Flaherty une beauté extra-esthétique due à la simplicité des sujets et aux plans théâtraux qui ne mettent pas en scène des acteurs, mais la vie des gens. Cette qualité première donne paradoxalement, au fur et à mesure des visions, une lourdeur didactique au récit alors que la fraîcheur des débuts ne la faisait nullement ressentir.

5. UNE ESTHETIQUE DU REALISME.

         Borinage qui bénéficie d'un montage serré dans lequel se succède une série d'images fortes, injustes et réalistes fait figure de précurseur. En effet, comment ne pas le qualifier de néo-réalisme avant l'heure ? Peu importe si cela était conscient ou pas, peu importe s'il y avait ou non une envie d'innovation. Ce qui nous parvient maintenant avec le recul, est très proche dans sa conception du Rome ville ouverte  de Rosselini: on y retrouve la même urgence que chez Storck et l'impression de voir des actualités reconstituées. 

         Le film a  été tourné dans des conditions difficiles, dans les rues, dans des studios improvisés et seulement deux mois après la libération. Storck et Ivens étaient également revenus sur les lieux des grèves sanglantes quand les représailles contre les grévistes sévissaient encore. Au risque de voir le film réduit à néant par les autorités, ils ont filmé dans la précarité le Borinage tel qu'il était. Rome ville ouverte met  en scène sans exubérance des gens dignes qui se battent pour leur décence. L'esthétique sobre conséquente des conditions techniques et le montage serré et raffiné, nous rapproche inévitablement de Misère au Borinage.

         Henri Storck lui-même avait déclaré en parlant de son film Borinage dans la revue Cinéma 66: " c'était du néo-réalisme et cela n'avait jamais été fait auparavant, excepté Bunuel avec Terre sans pain". C'était et c'est du (néo)réalisme dont la volonté est une prise de conscience du spectateur face au produit d'images chocs. C'est la passion et l'humilité de montrer la vie quotidienne dans ce qu'elle a d'émouvant et de tragique, c'est le pouvoir des images et le grand pouvoir d'Henri Storck.                                



[1] Il fut son assistant après le tournage de Borinage en 1933. Dans Zéro de conduite, Henri Storck y joue le rôle du curé.

[2] Ils n'avaient aucune autorisation de filmer; au contraire, ils étaient sans cesse poursuivis par la gendarmerie. Ils filmaient de manière furtive à l'aide d'une caméra au poing du type Pathé-Baby des séquences très courtes de peur que leur matériel et leur pellicule ne soient confisqués.

[3] Cinéma 66, n° 108.

[4] FLAHERTY, Robert. Nanouk l'Esquimau, USA, 1922.

10.10.2009

Chrétiens Orient

Il y a quelques semaines, je terminais un voyage en Syrie et en Jordanie, pays très largement musulmans. Et, comment dire, où un certain islam s’insinue constamment dans la vie de chacun. Même notre guide touristique jordanien a tenu à nous lire, à nous Européens sécularisés, et à plusieurs reprises, des extraits du Coran.

La religion est omniprésente. C’est le moins que je puisse écrire. Elle obsède littéralement la vie de tous les jours. Elle épie les gestes et les attitudes de chacun. J’ai vu de petits amoureux se faire chasser d’un banc public, à Damas, par des commerçants en colère. Les tourtereaux se faisaient de petits bisous discrets. C’est lourd.

Une espèce en voie de disparition ?

Le dernier jour de mon périple, j’ai fait la connaissance de chrétiens jordaniens. Ils s’étaient réfugiés dans notre hôtel pour profiter de la piscine et pouvoir boire une bière, tout simplement. Réfugiés, pourquoi ? Ils m’ont expliqué qu’en ce mois du ramadan, ils avaient besoin d’une « respiration » tant la pression sur les chrétiens est forte. Et ils m’ont détaillé leur calvaire d’être chrétiens là-bas, les discriminations, les pressions constantes sur eux et sur leur famille pour qu’ils se convertissent à l’islam. L’insécurité confessionnelle est leur lot quotidien. Elle se double parfois d’insultes, de menaces. Bref, ils se sentent de moins en moins chez eux. Surtout que la minorité chrétienne est plus petite chaque année. Les chrétiens, ceux qui le peuvent, s’enfuient vers l’Occident. Il y a aussi le fait démographique. Les familles chrétiennes font nettement moins d’enfants que les musulmanes où il n’est pas rare d’avoir six, sept, huit mômes. Les chrétiens se sentent comme une espèce en voie de disparition, comme dans un zoo hostile. Ils vivent derrière leurs murs, se font très discrets pour ne pas choquer, pour ne pas provoquer de par leur seule présence (qui remonte pourtant à des temps préislamiques). J’avais promis de témoigner de leur détresse – une vraie détresse – à mon retour. Voilà qui est fait.

« Ces Chrétiens qu’on assassine »

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Je pense aussi à une interview télévisée de René Guitton, l’auteur de « Ces Chrétiens qu’on assassine » paru dernièrement chez Flammarion. Précisons que René Guitton est un grand démocrate. Il œuvre pour le dialogue entre l’Occident et l’Orient. Il a reçu de nombreux prix. Il est membre du réseau mondial d'experts de l'Alliance des Civilisations des Nations Unies, etc. Cet intellectuel constate qu’il ne fait pas bon être chrétien en terre d’islam. Lors de son interview sur la chaîne LCI, en septembre dernier, il expliquait le cas d’un fermier chrétien irakien. Ce fermier a été enlevé par des islamistes. C’est monnaie courante. Il avait le choix entre :

se convertir à l’islam avec toute sa famille et retrouver sa « liberté » ;

payer une rançon colossale et rester chrétien ;

ne pas payer les milliers de dollars réclamés, garder sa foi et mourir.

Il a choisi la vie et l’islam. R.My

04.10.2009

Vladimir Vetrov

Vetrov, l’espion qui a fissuré le Mur

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Un homme seul, alcoolique, parfois violent, sûrement idéaliste, a révélé les plus grands secrets de l’URSS. Paru dans le Télépro.

«C’est l’une des plus grandes affaires d’espionnage du XXe siècle», affirmait Ronald Reagan.

Vladimir Vetrov, alias Farewell, a livré à la France des centaines de secrets sur la défense de l’URSS. Cet homme a clairement participé à l’effondrement précoce du bloc soviétique. Un film, librement inspiré de sa biographie, sort bientôt sur les écrans. Il s’agit de l’«Affaire Farewell» du réalisateur Christian Carion. Emir Kustrica y joue le rôle principal.

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Voici la véritable histoire de Vladimir Ippolitovitch Vertrov, un homme au physique ordinaire, loin du cliché de l’espion, mais qui a réussi à mettre KO le tout-puissant KGB. Rien ne prédestinait pourtant cet ingénieur à jouer un rôle majeur dans la fin du soviétisme.

Vetrov est recruté par le KGB à la fin de ses études. Alors sportif, brillant, fort de ses connaissances techniques, il part à l’ambassade d’URSS, à Paris, en 1965. Sa mission officielle : développer le commerce franco-russe. Son officieuse ? Recruter des agents français au profit de Moscou. Mais Vladimir a déjà un réel penchant pour l’alcool. Il est parfois ivre le matin. C’est également un francophile affirmé. Il aime la culture française. Il n’en faut pas plus pour le transférer à l’ambassade d’URSS au Canada. Et puis, c’est le retour à Moscou, dans un bureau, dans un placard. Il est nommé pompeusement chef adjoint du Département de l’information et de l’espionnage technique. Il a accès à une montagne de documents confidentiels. Nous sommes en 1970.

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Vetrov ressent sa nouvelle fonction comme une gifle. Il s’ennuie, prend une maîtresse. Il rumine aussi contre ce KGB qui n’est plus, à ses yeux, qu’un ramassis d’apparatchiks où règne un népotisme scandaleux. Sa décision est prise, il va aider la France, sa patrie de cœur. Il contacte le Français Jacques Prévot, directeur des ventes de la firme Thomson en URSS. Il se sert de lui comme courroie de transmission et propose ses services d’agent double au renseignement français, la DST. Son nom de code sera Farewell, un mot à consonance anglaise pour brouiller les pistes.

La recrue Vetrov est une vraie mine d’or. Il va, en quelques années, fournir près de 3.000 documents classés top secret. Les Russes sont désormais à nu ! Stratégies militaires, techniques d’espionnage… Tout, ou presque, est connu. François Mitterrand devient en parallèle président de la République en 1981. Ce fin renard de la politique va utiliser Farewell pour détendre les relations franco-américaines. Ronald Reagan n’a effectivement pas avalé que Mitterrand prenne plusieurs ministres communistes dans son gouvernement. Le chef de l’Etat français fait donc un splendide cadeau au président américain lors du sommet d’Ottawa. Il lui apprend que les Russes possèdent les données de la couverture radar des États-Unis, celle qui est censée de les protéger d’une attaque nucléaire.

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Le 29 février 1982, la carrière d’espion Vladimir Vetrov prend fin. Il tente de poignarder sa maîtresse et tue un témoin de la scène. Vetrov est condamné à 12 ans de Goulag en Sibérie. Son activité d’agent double n’est cependant pas encore découverte. Les services secrets occidentaux craignent qu’il ne lâche le morceau. Paris expulse 47 espions soviétiques, pour la plupart des agents diplomatiques. L’ambassadeur de l’Union soviétique à Paris est convoqué. On lui montre les documents qui justifient ces expulsions. Le KGB remonte la piste. Vladimir Vetrov, accusé de haute trahison, est condamné à mort. Il est abattu dune balle dans la nuque, en janvier 1985, dans le sous-sol d’une prison moscovite.

Vingt ans après la chute du rideau de fer, des historiens et des spécialistes de l’espionnage affirment que l’action de Vladimir Ippolitovitch Vetrov a accéléré la disparition du bloc soviétique. «L’histoire était déjà en marche», conclut Christian Carion, le réalisateur de «L’Affaire Farewell». Outre le retard technologique colossal des Soviets, «on ne doit pas oublier la défaite en Afghanistan qui a mis à mal le mythe de l’invincibilité de l’Armée rouge. Il faut aussi garder en mémoire la nomination de Jean-Paul II, pape polonais, qui ne fut pas pour rien dans la création du syndicat SolidarnośćR.My

02.09.2009

Fly Boys

Fly Boys, l’escadrille idéaliste

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De jeunes pilotes américains se sont portés volontaires avant l’entrée en guerre des Etats-Unis.

Paru dans le Télépro en juin 2009.

La Première Guerre mondiale a éclaté. Les USA ne sont pas encore impliqués dans le conflit, mais de jeunes Américains veulent déjà s’engager aux côtés de la France. Ils créent l’escadrille La Fayette, du nom du marquis français, héros de la guerre d’Indépendance américaine. Tout un symbole ! Cette histoire vraie est racontée dans le film «Fly Boys».

Quand éclate conflit de 1914, les États-Unis ont adopté une politique isolationniste. Ils ne désirent pas entrer en guerre. De jeunes Américains décident néanmoins de combattre avec les Français. Ils ne peuvent le faire que dans les services ambulanciers volontaires ou dans la Légion étrangère, car tout Américain qui s’engage sous les couleurs d’une puissance étrangère perd sa nationalité.

Il y a, parmi ces jeunes gens, de nombreux fistons issus de familles riches. Ils étaient en Europe pour mener la belle vie et ils participaient à des compétitions sportives en ce début d’histoire de l’aviation. Mais les tambours de la guerre résonnent désormais et certains rejoignent les rangs alliés par idéal. Ils deviennent brancardiers ou légionnaires dans les tranchées boueuses. Il y a parmi eux William Thaw, le fils d’un milliardaire américain qui était en Europe pour participer à une course de vitesse avec son propre avion. Norman Prince est, quant à lui, le fils d’un riche financier. Ces personnes influentes créent l’unité aéronautique N124, plus communément appelée escadrille La Fayette. Elle voit le jour en avril 1916, à Luxeuil-les-Bains, dans les Vosges. Les aviateurs américains sont placés sous le commandement du capitaine Georges Thénault. Sur le fuselage des avions de type Nieuport et Spads est peinte une tête de Sioux. Deux véritables lions, Whisky et Soda, sont les mascottes de cette formation inédite. Les pilotes sont très vite adulés par une presse américaine à une époque où, piloter un tel engin, revenait quasiment à commander une navette spatiale aujourd’hui. Leurs appareils peuvent atteindre 150 à 170 km/h. La vitesse est considérable puisque les premiers bombardiers du conflit se traînent à du 75 km/h et que l’accompagnateur n’est armé que d’une carabine ! Les héros de l’escadrille La Fayette sont fort heureusement équipés de mitrailleuses pour tenir la dragée haute aux redoutables appareils ennemis.

Les victoires, les morts aussi, ont accompagné les Fly Boys dans leur quête d’aventure. Ils ont été 267 Américains à s’engager dans l’aviation française durant ce conflit. Ils ont remporté quelque 200 victoires, 51 aviateurs sont morts au combat. Et lorsque l’Amérique est finalement entrée en guerre, en avril 1917, l’escadrille La Fayette est demeurée sous le commandement français. Ce n’est qu’après la guerre que cette formation a rejoint l’US Air Service pour devenir la première escadrille de chasse américaine. R.My

 

«L’hirondelle noire de la mort» 

Eugène Jacques Bullard est le premier Noir pilote de chasse de l’histoire (le seul de la Première Guerre mondiale). Ce fils d’esclave américain avait quitté son pays pour échapper aux discriminations raciales. Il a vécu en Angleterre et en France et a gagné sa vie grâce à des spectacles de music-hall et de boxe. Il s’est engagé dans la légion étrangère en 1914 et s’est distingué par ses nombreux actes de bravoure. Plusieurs fois décoré, mais blessé et inapte pour l’infanterie, il a finalement rejoint la fameuse escadrille La Fayette en tant que mitrailleur et puis comme pilote. Il a été surnommé «l’hirondelle noire de la mort». Il volait avec son singe Jimmie, sa mascotte. Il aurait aimé poursuivre sa carrière de pilote au sein de l’armée américaine, à la fin de la guerre, mais il ne fut pas accepté à cause de la couleur de sa peau ! R.My

18.08.2009

Ecodécoration

Bureau et bureautique

Un espace de travail sans matériaux écotoxiques

Sarah Santin

Sarah Santin se définit comme une designer d’intérieur. Sa profession ? Elle personnalise les habitations privées, mais aussi les bureaux des PME, les show-rooms, les salles d’attente, etc. Sa vision du métier repose sur un aménagement contemporain, durable et sain. Cette Liégeoise emploie volontiers le terme d’écodécoration. Lire son interview parue dans Union & Actions en cliquant ICI.

 

02.08.2009

Le Conquérant

Guillaume, «bâtard» conquérant

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Descendant des Vïkings, il avait le goût du sang dans la bouche. Destin extraordinaire que celui de Guillaume le Conquérant. Affublé du surnom de Bâtard, il a soumis la Normandie et l'Angleterre.

Guillaume a conquis l'Angleterre. Il est le dernier à l'avoir fait. Même Napoléon s'y est cassé les dents. Hitler aussi.

Né à Falaise, en 1027, et descendant direct des redoutables Vikings, il reçoit la couronne ducale de Normandie en 1035. Il n'a que 8 ans. Son père, Robert le Magnifique, a trouvé la mort lors d'un pèlerinage en Terre sainte. La situation du jeune duc devient intenable. Les barons du cru se révoltent. Son tuteur est assassiné. Guillaume ne sauve sa vie qu’au prix d’une chevauchée fantastique. Plus tard, il écrase ses ennemis lors de la bataille de Val-ès-Dunes en 1047. L'autorité de Guillaume est surtout contestée à cause des origines sociales de sa mère, une concubine qui est la fille d'un tanneur. Tandis qu'il est désigné pour succéder à son père, le garçon se retrouve affublé du patronyme de Bâtard. Il le supporte mal. C'est une source de raillerie. Pour l'anecdote, alors qu'il mène le siège d'Alençon, les bourgeois étalent des peaux sur les remparts pour le ridiculiser. Il se montrera d'une cruauté inhabituelle avec ses coupant les mains et les pieds. Le prix d'un orgueil blessé. Guillaume le Bâtard, malgré son jeune âge, a déjà le goût du sang en bouche. Il a échappé à de nombreux complots et vécu la mort de proches. Mais s'appuyant sur des alliés puissants, il réussit à asseoir son autorité sur la Normandie, à coups d'épée.

Il épouse Mathilde de Flandre en 1051. Mariage d'amour ? Possible ! Cette union va surtout lui permettre de renforcer son pouvoir. En convolant avec la fille du comte de Flandre, il va se trouver un allié de poids. En contrepartie, Guillaume de Normandie reste fidèle à son épouse, ce qui est rarissime à l'époque. Cela évitera d'ailleurs à ses fils quelques querelles de succession. Et puis Mathilde est bien plus qu'une femme de l'ombre. Elle a de l'influence et participe à l'édification de la ville de Caen. Guillaume en fait •son fief. Il y construit deux abbayes et le plus grand château d'Europe. Caen fait alors contrepoids à Rouen, la véritable capitale normande.

Son destin va basculer en 1066. Edouard le Confesseur, le roi d'Angleterre, meurt sans descendance. Très pieux, il avait fait le vœu de chasteté. Les seigneurs anglo-saxons élisent Harold Godwinson comme son successeur. Le hic, c'est que feu Edouard avait promis sa couronne à Guillaume. Le Bâtard conteste donc l'élection de Harold. Le Pape lui donne raison et le duc normand se lance dans la construction d'une flotte. Une expédition navale épique est menée. Guillaume pose le pied sur le sol anglais avec quelque 5.000 hommes, montures et provisions. Sur la plage de Pevensey, à l'endroit même où Jules César débarqua avec ses légions... Sa campagne d'Angleterre se termine par la victoire de Hastings, le 14 octobre 1066. La bataille est indécise. La cavalerie normande se casse les dents sur les lignes anglaises jusqu'à ce que le roi Harold se prenne une flèche dans l'œil et que des chevaliers l'achèvent. Cette mort entraîne la dispersion des troupes anglaises et la victoire de Guillaume le... Conquérant. Il est couronné roi d'Angleterre, à Londres. En 1087, lors d'une campagne contre le roi de France Philippe 1er, Guillaume est victime d'une chute de cheval et meurt près de Rouen. R.My

27.07.2009

Joseph McCarthy

Le grand inquisiteur

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Dans les années 50, il a mené une croisade contre l'Amérique « gauchiste », traquant fonctionnaires, syndicalistes, enseignants et même stars de cinéma!

«Je tiens là une liste de 205 personnes dont le Secrétaire d'État sait qu'ils sont affiliés au parti communiste. Ces gens en poste façonnent la politique (de notre nation)», avait lancé Joseph Raymond McCarthy devant un parterre de femmes républicaines, le 9 février 1950. La célébrité de ce sénateur du Wisconsin était faite. Ses petites phrases assassines, ses index pleins de noms allaient faire trembler l'Amérique.

Le maccarthysme venait de naître sur un mensonge. Certes il existait bien une liste reprenant des fonctionnaires déloyaux, mais elle contenait de nombreux noms d'incompétents et d'alcooliques. Le discours de McCarthy s'est néanmoins répandu comme une traînée de poudre aux États-Unis, un pays vivant dans la crainte d'une troisième guerre mondiale. Le président américain Harry Truman a donné la consigne de renvoyer les «mauvais» fonctionnaires.

Exploitant les craintes d'une nation, McCarthy était bien décidé à se faire un nom. Profitant de sa soudaine notoriété, le politicien conservateur a très vite dirigé une chambre sénatoriale d'investigation. Un véritable rôle d'inquisiteur taillé à sa mesure. Il a utilisé sans vergogne le mensonge, la délation et même l'humiliation pour stigmatiser les «ennemis de l'intérieur».

Lui et d’autres ont décortiqué la vie privée de 26.000 fonctionnaires d'État ! Pour quelles raisons ? Parce qu'ils appartenaient à des organisations de gauche, à des syndicats, faisaient usage de stupéfiants ou étaient homosexuels. Les résultats ne se sont pas fait attendre : 7.000 démissions de fonctionnaires et 739 révocations.

McCarthy était devenu très populaire grâce à cette croisade. Lors de la campagne présidentielle de 1952, il a même été le principal soutien des républicains. Le bouillant sénateur savait, comme nul autre, se jouer des médias et intimider ses adversaires politiques. Il a, par exemple, brisé la carrière d'un certain Tydings en distribuant une photographie sur laquelle il était accompagné d'un communiste connu.

Le soupçonneux a également fait procéder à quelques purges dans les écoles et les bibliothèques. Il a même attaqué de front l'industrie cinématographique à Hollywood. Charlie Chaplin, victime de la paranoïa anti-communiste, devenu persona non grata sur le territoire américain, a d'ailleurs été contraint à l'exil. Mais McCarthy a poussé le bouchon trop loin quand il s'est attaqué à l'armée américaine. Le sénateur a fait convoquer devant sa commission d'importants gradés. Le ministère de la Défense a alors ordonné à ses employés de ne plus y comparaître. Le début de la fin.

Le Sénat l'a sommé de s'expliquer sur ses diatribes contre l'armée. La télévision a filmé, avec délices, les auditions publiques de ce grand accusateur. Vingt millions d'Américains se sont collés devant leur téléviseur et ont découvert son vrai visage : celui d'un homme odieux. La déchéance politique de Joseph Raymond McCarthy venait de commencer. R.My

17.07.2009

Marcel Pagnol

La double vie de Marcel Pagnol

Pagnol

Homme d'affaires redoutable, il a fait des recherches en physique et en médecine. Le chantre de Marseille était aussi un inventeur saugrenu.

Jean Renoir disait de lui : «Je le tiens pour le plus grand auteur cinématographique d'aujourd'hui». Marcel Pagnol est surtout célèbre, en tant que cinéaste et écrivain, comme celui qui a fait chanter le Sud, qui a dépeint Marius, Fanny, César. Plus étonnant : Pagnol, ce fécond créateur régionaliste, était aussi un homme d'affaires soucieux d'échapper à l'impôt, un inventeur farfelu et un féru de science et de médecine !

Pagnol, élu premier cinéaste à l’Académie française, est toujours resté un hyper-actif se dispersant dans une kyrielle de domaines. À l'âge de 27 ans, en 1922, alors qu'il est professeur d'anglais dans la région de Marseille où il a passé toute sa jeunesse, il monte à Paris. Il fréquente les milieux littéraires et abandonne l'enseignement. Le succès est au rendez-vous. Son «Topa/e» cartonne au théâtre. Et Raimu brûle les planches dans «César», en 1929. C'est le renom, c'est l'argent. Ce qui lui permet de fonder au milieu des années trente, son propre studio de cinéma dans le Midi. Réalisateur, producteur, il va enchaîner les petits bonheurs cinématographiques, comme «La Femme du boulanger».

La «Topazette», petite automobile à trois roues

En parallèle, le gaillard se comporte en homme d'affaires aux dents longues. Il a saisi, bien avant d'autres, les techniques du marketing. Il s'est aussi libéré de la tutelle des industriels et des financiers du 7e art. Il a sa propre maison de production. Il adapte au théâtre ses films à succès. Et inversement. Il fonde une société d'édition et s'empresse de publier les textes de ses longs métrages. Sa collection s'intitule «Les Films qu'on peut lire». Plus étrange, il passe le plus clair de son temps dans son atelier encombré de mille outils. Son esprit s'échappe dans des inventions originales. Il conçoit plusieurs pompes à eau et en dépose le brevet. Il imagine aussi la «Topazette», une petite automobile créée à partir du chiffre «3» pour 3 roues, 3 vitesses, 3 chevaux, 3 places... Il pensait la vendre 3.000 francs, mais ce véhicule resta à l'état de prototype.

Des recherches sur l'antimatière !

Pagnol lit les mathématiciens, les physiciens et les biologistes. Il emboîte le pas du scientifique d’Alembert et mène des recherches sur l'antiphysique, l'antimatière. Il s'attaque, avec la fraîcheur d'un néophyte, à la géométrie des pyramides, aux ondes hertziennes, à la radioactivité. Il se lance dans des études sur le magnétisme des sols.

Infatigable personnage, la médecine l'intrigue aussi. Il mène des recherches sur les mécanismes complexes de la coagulation du sang. Il s'essaye à l'ethnologie et à l'histoire, ainsi qu'à l'étude des Mayas et des Incas. La liste de ses occupations parallèles est bien incomplète tant il s'est émietté dans un nombre incalculable d'activités. «Il avait cette curiosité de savoir, de connaître qu'ont tous les scientifiques», expliquait son ami Louis Leprince-Ringuet, physicien et historien des sciences. Éparpillé dans sa vie active, Pagnol a toujours été concentré en ce qui concerne l'argent. Il a d'ailleurs acheté «La Lestra», en 1951 pour d'évidentes raisons fiscales. Il s'agissait d'une magnifique propriété au cœur de Monaco, près de la baie. C'est là qu'il s'est lié d'amitié avec le prince Rainier. Il l'a abandonné quelques années plus tard pour rejoindre Paris. Membre de lAcadémie française dès 1946, il fut rappelé à l'ordre par les immortels. C'est dans la Ville lumière qu'il mourut, le 18 avril 1974. Sa dépouille fut enterrée dans le hameau de La Treille, au pied de collines provençales qu'il n'avait jamais vraiment abandonnées. R.My

11.07.2009

La gondole

Une embarcation romantique très réglementée

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Elle est l'exemplaire unique de la tradition maritime de Venise. La barque vénitienne est une œuvre d'art qui se transmet de génération en génération.

"La gondole, en forme de patin, glisse sur l'eau comme sur la glace", raconte Chateaubriand en 1833, lors d'un voyage à Venise. L'écrivain y décrit poétiquement les gondoliers : "La gaieté de ces fils de Nérée (dieu marin) ne les abandonne jamais. Vêtus de soleil, la mer les nourrit." (Paru en 2005 dans le Télépro).

L'étymologie du mot gondole, "gondola" en italien, se perd dans les siècles passés et reste incertaine. Par contre, une des premières traces écrites de l'existence du célèbre bateau est millésimée de 1094. C'est à cette date que le doge Vitale Palier a publié un décret permettant aux paysans de la lagune de construire des gondoles. Pour l'anecdote, c'est un autre décret, daté de la même année et signé du même auteur, qui autorise de fêter le fameux carnaval vénitien les jours précédant le carême. Les règles de construction des gondoles sont excessivement sévères. Il s'agit d'un véritable art qui se transmet de génération en génération. Depuis peu, un spécialiste de l'histoire navale a établi des plans précis de construction. Mais cela n'augmente nullement la production. Il ne sort plus que trois ou quatre gondoles par an dans les derniers "squeri", de petits chantiers navals spécialisés. Le travail est méticuleux. Il prend une année entière et est mené de mains de maître par quelques artisans.

Des vénitiens se ruinaient

Entièrement faite de bois (chêne, mélèze, noyer, cerisier, tilleul, cèdre), la gondole mesure un peu plus de 11 mètres et pèse environ 500 kilos. La dextérité avec laquelle les gondoliers les manœuvrent en est d'autant plus impressionnante. L'embarcation est d'ailleurs composée de nombreuses pièces aux termes bien spécifiques. Un gondolier de 2005 pourrait comprendre les annotations techniques apposées sur un modèle de 1630. C'est à cette date que la couleur noire, une mesure d'austérité, fut imposée par la République. Car certains riches Vénitiens se ruinaient pour posséder la barque la plus somptueuse.

La gondole a subi depuis quelques modifications. Il s'agit désormais d'un bateau asymétrique à fond plat. Cette forme particulière permet une navigation stable avec un seul aviron. La "forcola", ce morceau de bois qui soutient la rame, permet la propulsion. La proue est ornée du "ferro", pièce métallique en forme de peigne. Elle représente les six "sestieri", les quartiers de Venise. Le septième signe, placé du côté opposé, symbolise l'île de la Giudecca. Le tout est en forme de "S" pour évoquer le grand canal et est coiffé du "corno", le chapeau du doge. Le pont du Rialto y est également stylisé. Historiquement, les gondoliers étaient devenus des confidents pour les nobles vénitiens. Aujourd'hui, ils ne sont que 425, tous des hommes, et forment une véritable caste dans laquelle la tradition se perpétue de père en fils. Ils ont leur propre syndicat, leur centre de formation. Ces personnages folkloriques sont aussi réputés pour leur verbe haut, très haut, et leurs tarifs pour le moins prohibitifs : 62 euros pour une balade, en journée, dans une gondole pouvant transporter jusqu'à 6 personnes et 77,50 euros entre 20 heures et 8 heures. C'est cher pour 50 minutes de navigation. Mais quand on aime...

06.07.2009

Roma VS Lazio

Un des derbys de foot les plus chauds !

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Ils sont fous ces Romains ! Comme dans toutes les villes du monde où deux équipes de football cohabitent, une rivalité quasiment tragi-comique ; oppose deux camps. Il y a à Rome la Lazio et la Roma. (écrit en 2006).

Le jour du derby, l'observateur neutre croit assister au nouveau combat des Horaces et des Curiaces, ces frères de la mythologie romaine qui se sont disputé l'hégémonie de leur ville. Le réalisateur   Jean-Christophe Gaudry a posé sa caméra à l'ombre des stades romains. Dans «Calcio Romano», il trace le portrait de deux clans farouchement opposés, mais qui partagent le même amour du ballon rond.

Testaccio, malgré la fièvre de l'immobilier, demeure comme un village populaire au cœur de la ville éternelle. Ce coin de Rome indocile est toujours resté en dehors de l'hégémonie des nobles et des cléricaux. L'ancien abattoir avait une place importante dans le quartier. Les gros bras de la classe ouvrière y travaillaient comme dans une usine à viande en activité 24 h/24. Ce terreau a fait pousser, fin des années 20, l'AS (Associazione sportiva) Roma. Portant fièrement les couleurs jaune et rouge, les supporters de l'AS se considèrent aujourd'hui comme les véritables dépositaires du football romain. Ils examinent avec mépris ceux de la SS (Società sportiva) Lazio, bien que le club ait été fondé en 1900. Ils qualifient leurs supporters de «bouseux», car le stade blanc et bleu est situé dans les faubourgs. Le contraste vient aussi du fait que la Lazio était l'équipe de la classe aisée et des aristocrates.

Tous les éléments sont réunis pour que, les jours de derby, la ville se divise en deux factions hostiles qui se défient dans les tribunes à coups de calicots, de slogans et d'insultes. «Il y a un attachement hors normes au maillot et à l'équipe», raconte un supporter de la Roma. «Tout le monde, même la mère de famille, ne pense qu'à la rencontre des jours à l'avance. Ceux qui ne vont pas au stade restent collés devant leur télé. Les cardiaques qui ne supportent plus le rebondissement des images, écoutent la radio. Les gens sont surexcités, comme si leur avenir en dépendait. Une telle ambiance n'existe probablement qu'en Argentine quand le Bocca Junior est opposé au River Plate.» Et lors de ces nouveaux jeux du cirque, des éléments idéologiques viennent pourrir une confrontation au départ… «folklorique».

Paolo_Di_Canio

Si les fanatiques de la Roma sont de gauche et parfois d'extrême gauche, le noyau dur de la Lazio est composé de membres de l'extrême droite. Ce qui n'est pas sans dérapages de chaque côté. Les Laziales, supporters nostalgiques de Mussolini, appréciaient d’ailleurs Paolo Di Canio (photo), footballeur emblématique de la Lazio. Ce capitaine d'équipe s'est vu infliger des interdictions de jouer et des milliers d'euros d'amende. En cause ? Il a effectué plusieurs saluts fascistes (romains) en directions de ses fans.

30.06.2009

Moneuse

Chauffe Moneuse !

Antoine-Joseph Moneuse (1768-1798) a été le chef d’une bande de brigands qui a fait trembler le Hainaut. Il mettait les pieds de ses victimes dans le feu pour qu’elles dévoilent la cachette de leur magot.

moneuse
 

« Fermiers, fermez les volets! » Moneuse, ce nom retentit encore dans l’imaginaire populaire du Hainaut et du Nord de la France. Des (arrières) grands-parents ne qualifient-ils pas encore de « franc Moneuse » leur petite progéniture quand elle est trop turbulente ? 

Loin de ces réminiscences édulcorées par les années, Antoine-Joseph Moneuse a semé la mort sur son passage. Et il en a fait trembler des paysans ! Nombre de fermes isolées se sont transformées, à cette époque déjà bien troublée par les soubresauts de la Révolution française, en des forteresses serties de lourds barreaux de fer forgé. Quand la nuit tombait, Moneuse et ses acolytes rôdaient dans le département de Jemappes. Quelles habitations allaient-ils dévaster ? Qui serait égorgé ? 

« C'était Moneuse-le-Chauffeur et ses soixante brigands », pouvait-on lire dans la « Revue belge », en 1837. «  Moneuse, à cette époque où les hurlements de la terreur faisaient retentir encore les échos des villes, était devenu l'épouvante des campagnes du nord de la France et des frontières de la Belgique. Tous, jusqu'au cultivateur paisible, devaient se ressentir de cet épouvantable délire qui avait couvert la France de sang. Les Marat, les Robespierre avaient fait trembler et décimé tout ce qui était riche, noble et puissant. Moneuse faisait sa part du laborieux campagnard, du paisible magistrat, du simple pasteur de village. Trop faible avec soixante bandits, connus sous le nom de Chauffeurs, pour rançonner les villes ou les communes populeuses, il se ruait comme une bête fauve sur les hameaux, les fermes, les maisons de campagne, et la mort ou les tortures marquaient son passage. Ignoble et mesquine parodie des horreurs de la révolution ! Les lois participaient de la stupeur générale, et restaient impuissantes contre ces forfaits. C'était enfin le règne de la force et de la violence ; le droit du poignet renaissait. »

Moneuse n’était effectivement pas l’archétype du brigand de grand chemin. Selon le principe de l’occasion qui fait le larron, il s’était attaqué aussi bien aux diligences, aux voyageurs esseulés qu’aux braves fermiers isolés. Surtout ceux qui avaient la réputation de cacher leur magot dans les tréfonds de leur cense. Moneuse savait s’y prendre, il était chauffeur, c’est-à-dire qu’il faisait avouer à ses victimes l’emplacement de leurs biens en leur mettant les pieds dans… l’âtre de la cheminée.

Portrait

Antoine-Joseph Moneuse naît au moulin du Rôleur, à Marly, en 1768. Son père est meunier. La vie du petit Moneuse bascule à l’âge de 11 ans, quand son paternel vient à décéder. Ce dernier est tué d’un coup de sabre au cours d’une rixe. Sa mère, Catherine Moreau, transforme le moulin familial en un infâme estaminet où l’on sert du tord-boyaux en cruche. Les moeurs les plus libres de l’époque s’y expriment. Les gens louches, grandes et petites frappes, défilent. C’est dans ce contexte, dans ce terreau fertile pourrions-nous écrire, que Moneuse fait ses premières mauvaises rencontres. L’adolescent d’une quinzaine d’années débute une carrière remplie de petits vols et de grands coups de poing. Moneuse a probablement appris les ficelles du « métier » auprès de la bande de Salemblier, un Lillois qui était le meneur des « Chauffeurs du Nord ». Ces brigands  infligeaient la torture du feu aux pieds de leurs souffre-douleur.

Dans une brochure touristique (« Le Moulin de la Vallée à Rombies-et-Marchipont »,  C.H.A.R.M., 1998), une expédition de ces chauffeurs est décrite de la sorte : « C’est ainsi que les Chauffeurs du Hainaut arrivent, à la mi-janvier 1796, au moulin de Rombies, bâtiment qu’ils avaient repéré et où vivaient Philippe-Joseph Preud’Homme (et sa nombreuse famille). La nuit fatidique, les brigands, au nombre d’une dizaine, règlent leur plan d’attaque. Ils enfoncent le bas de la porte avec un bélier de fortune découvert dans un hangar voisin et cinq hommes s’infiltrent dans le logis par l’ouverture tandis que cinq autres montent la garde. (…) Madame Preud’Homme est ligotée sur une chaise et amenée près de la cheminée. ‘Ton mari a beaucoup d'argent. Où le cache-t-il ?’, questionne le meneur. Et la pauvre femme qui répond : ‘Il y a eu une grosse somme d’argent, elle n’appartenait pas à mon mari. On l’a porté à Valenciennes’. ‘Tu mens, meunière! Tu vas dire la vérité ou gare à la mèche’, gronde le brigand. ‘C'est pourtant vrai ce que je dis!’ ‘Vous entendez, camarades, ce que prétend la particulière? Voyons la bourrée, ça va la faire causer!’. C'est alors qu'un des chauffeurs soulève les jambes de la malheureuse et les lui plonge dans les flammes, Jeanne Catherine perd alors connaissance sans pousser un cri. Les brigands, désorientés par la tournure des événements décident de prendre le large en emportant quelques victuailles. »

Coureur de jupons

Les chauffeurs ne sont pas des enfants de chœur. Ce qui n’empêche pas Moneuse-le-brigand, d’être un polisson apprécié. Il plaît paradoxalement à la gent féminine qui est à la recherche de frissons. Antoine-Joseph a bien la réputation d’être un invétéré coureur de jupons. Il collectionne les conquêtes dans une zone géographique qui correspond aujourd’hui à la frontière franco-belge : Dour, Roisin, Ville-Pommerœul, Bavay, Erquennes, Élouges, Quévy, Ciply… Il rencontre souvent ces jeunes demoiselles dans les cabarets. Sa réputation de mauvais garçon joue pour lui auprès de celles qui aiment s’encanailler. Il n’est pas laid homme avec sa chevelure abondante, très noire, légèrement bouclée.

Moneuse voit en outre beaucoup de monde dans les estaminets. Car il n’est pas en cavale. Il ne se cache nullement de la maréchaussée. C’est vrai, il n’a jamais été pris sur le fait, il profite de la désorganisation de l’État. En véritable pilier de comptoir, il passe beaucoup de temps dans les cabarets et autres auberges, cela lui sert d’alibi à l’occasion. Il paye sans compter des boisons, il se pavane en public, puis monte dormir. Mais il s’arrange nuitamment pour rejoindre à cheval ses compagnons. Il retourne se coucher le forfait accompli. Des témoins sont bien entendu présents à son lever, le lendemain. Ah, si les chevaux pouvaient parler !

Comble de l’horreur

Moneuse sait être consciencieux dans son travail. Il prépare et repère bien à l’avance ses proies lorsqu’il s’agit de mener à bien un gros coup. Blindé par ses alibis, il joue également de sa sulfureuse réputation. De petits magistrats tremblent de couardise devant sa sanglante célébrité. Qui oserait l’accuser sans preuves ? Il y a de quoi avoir peur. La rumeur publique attribue à Moneuse et Co. des dizaines d’attaques nocturnes, parfois entachées de meutres. Le pire de ces drames s’est joué à l’auberge de la Houlette, près de Roisin. Le 22 novembre 1795, le père Couez, tenancier de ladite auberge, ferme à 22 heures. Son commerce va être, durant la nuit, attaqué par dix hommes lourdement armés.

Le bilan est lourd au petit matin : neuf cadavres, soit les six enfants de la famille, le couple de tenanciers et le docteur Moreaux qui était resté dormir. Les faits sont d’une incroyable violence. Les corps sont meurtris par les coups répétés des armes blanches, du sabre à la hache. Comble de l’horreur, la petite dernière qui n’avait que 22 mois a été retrouvée assassinée, les viscères à l’air, dans les bras de sa sœur de 16 ans.

C’en est trop ! Même si les preuves font défaut, Moneuse est arrêté par la gendarmerie ainsi qu’un de ses lieutenants. Le brigand aura vite fait de recueillir de nombreux témoignages en sa faveur, car il n’est pas bon refuser un service à cette brute. Il sortira libre de la prison de Mons, un mois plus tard avec le sentiment d’être invincible, au-dessus des lois. Il va donc remettre, avec sa bande de malandrins, le couvert à plusieurs reprises. Ce n’est que le 12 février 1797, le 23 pluviôse de l’an V de la République, que les agissements meurtriers de Moneuse prennent fin. Il était temps !

La justice a enfin reçu les témoignages escomptés. Moneuse est allé trop loin dans son brigandage. Les langues se délient, surtout chez ceux qui ont perdu un ou plusieurs êtres chers. Ce 12 février au soir, suite à une dénonciation, la maréchaussée cerne le cabaret Allard à Petit-Quévy. Antoine-Joseph Moneuse, son lieutenant Nicolas Joseph Gérin, un autre complice ainsi que le cabaretier sont interpellés. La maréchaussée a mis le paquet pour cerner l’auberge. Les brigades d’assaut de l’époque font irruption pistolet au poing. Les gaillards qui jouaient aux cartes sont cloués sur leur chaise. C’est la fin de l’histoire d’un grand bandit.

La nouvelle se répand : Moneuse est écroué à la prison cantonale d’Asquillies. Et cette fois, les alibis tombent. Le massacre de l’auberge de la Houlette a choqué la population. Trop de maisons isolées étaient dans l’angoisse d’un nouveau carnage. Un procès et deux condamnations à mort plus tard, Moneuse et Gerain, vêtus d’une chemise rouge, montent sur l’échafaud.  L’aventure d’Antoine-Joseph Moneuse qui a fait de sa vie une longue épopée sauvage se termine dans le sang, la tête tranchée, le 18 juin 1798, devant la foule des badauds de la Grand place de Douai.

Moneuse quitte le monde des vivants, mais son existence reste gravée dans les mémoires. Elle fut longtemps contée au coin du feu, les longues nuits d’hiver, quand il fallait gentiment effrayer les enfants à une époque sans télévision. L’expression « franc Moneuse » sera ensuite donnée aux petits chapardeurs.

Le nom de ce gredin de Moneuse se retrouve également sur l’étiquette d’une bonne bière wallonne produite par la brasserie artisanale de Blaugies.